mercredi
mardi
lundi
samedi
Je demande le splendide soleil silencieux
Je demande le splendide soleil silencieux dans l'éblouissement de tous ses rayons,
espace
Je demande un champ dont l'herbe jamais fauchée foisonne,
espace
Je demande la perfection des nuits sans bruit comme il y en a sur les hauts plateaux à l'ouest du Mississippi, je m'y vois regardant les étoiles,
espace
Je demande au lever du soleil un jardin de parfums émanant de magnifiques fleurs, où je puisse marcher en tout aise,
espace
Je demande la liberté de flûter à ma guise les notes de mes chansons au fond de ma retraite pour ma seule écoute,
espace
Je demande la solitude, je demande la nature...
espace
espace
(Walt Whitman - extrait de "Je demande le splendide soleil silencieux")
jeudi
vendredi
Des banales discussions météorologiques avec mes clients…

162ème commandement : « Tu ne commenteras pas la météo par dépit »
Les ambitions juvéniles et révolutionnaires sous l’impulsion desquelles on se fait de belles promesses à soi-même telles que ne jamais porter un jean slim, ne pas se surprendre avec bière et chips devant un match de foot, ne jamais user d’un parapluie même sous le pire des déluges, ou encore ne pas radoter sur la météo, finissent parfois aux oubliettes (pas toutes heureusement). Il y a des panneaux dans lesquels on tombe, sans même s’en apercevoir, et aussi surement que le beau temps vient après la pluie…
Tiens, la pluie, parlons en justement ! Qui, seul entre tous, peut prétendre n’avoir jamais fait ce genre de commentaire - certes à propos, mais ô combien banal - « Quel temps ! On sent que l’hiver arrive n’est-ce pas ?! », ou encore « vivement l’été ! ». Les plus poètes trouvent des énonciations qui sortent un peu du lot : « les hirondelles sont de retour ! », « après la pluie vient le beau temps »… mais le thème central reste éternellement le même. Combien de fois me suis-je promis de ne pas céder à la banale facilité de ce genre de conversation, et combien de fois ai-je glissé sur la pente jusqu’à échouer dans l’absurde piège. C’est un penchant naturel, une inclination qui nous pousse à regarder le ciel et à échanger avec nos semblables notre impuissance, traduite par des mots d’une banalité confondante mais irrépressible. Pas moyen d’y échapper. C’est une composante de l’âme humaine, quasi génétique, un jour ou l’autre, tous, nous commentons la météo, sans passion, certes, mais avec apparente conviction.
A notre décharge, il faut admettre que l’on ne peut avoir en permanence les neurones en ébullition, prêts à épiloguer sur le dernier prix Nobel, ou - mieux encore - à discourir sur le sens de la vie et sur les mystères de l’existence humaine ! Outre l’aspect passionnant de ce genre de débats, il faut reconnaître qu’avec la boulangère du coin, ou avec un client au boulot, ces sujets seraient quelque peu importuns - voir franchement maladroit - et risquent de nous faire passer à leurs yeux pour de prétentieux intellectuels déconnectés des réalités ordinaires. Et puis, au moins, la conversation météorologique est rarement source de désaccord ou de conflits - raison pour laquelle il est par exemple assez inconvenant de parler politique avec le premier quidam rencontré. Imparable météo donc, la conversation parfaite pourrions nous dire. On en revient donc éternellement à ce sentier battu et rebattu, qui, à l’usure, prend l’aspect si ennuyeux d’une autoroute navrante d’ennuis et de banalité… mais somme toute tellement facile.
Vivement le printemps.
Les ambitions juvéniles et révolutionnaires sous l’impulsion desquelles on se fait de belles promesses à soi-même telles que ne jamais porter un jean slim, ne pas se surprendre avec bière et chips devant un match de foot, ne jamais user d’un parapluie même sous le pire des déluges, ou encore ne pas radoter sur la météo, finissent parfois aux oubliettes (pas toutes heureusement). Il y a des panneaux dans lesquels on tombe, sans même s’en apercevoir, et aussi surement que le beau temps vient après la pluie…
Tiens, la pluie, parlons en justement ! Qui, seul entre tous, peut prétendre n’avoir jamais fait ce genre de commentaire - certes à propos, mais ô combien banal - « Quel temps ! On sent que l’hiver arrive n’est-ce pas ?! », ou encore « vivement l’été ! ». Les plus poètes trouvent des énonciations qui sortent un peu du lot : « les hirondelles sont de retour ! », « après la pluie vient le beau temps »… mais le thème central reste éternellement le même. Combien de fois me suis-je promis de ne pas céder à la banale facilité de ce genre de conversation, et combien de fois ai-je glissé sur la pente jusqu’à échouer dans l’absurde piège. C’est un penchant naturel, une inclination qui nous pousse à regarder le ciel et à échanger avec nos semblables notre impuissance, traduite par des mots d’une banalité confondante mais irrépressible. Pas moyen d’y échapper. C’est une composante de l’âme humaine, quasi génétique, un jour ou l’autre, tous, nous commentons la météo, sans passion, certes, mais avec apparente conviction.
A notre décharge, il faut admettre que l’on ne peut avoir en permanence les neurones en ébullition, prêts à épiloguer sur le dernier prix Nobel, ou - mieux encore - à discourir sur le sens de la vie et sur les mystères de l’existence humaine ! Outre l’aspect passionnant de ce genre de débats, il faut reconnaître qu’avec la boulangère du coin, ou avec un client au boulot, ces sujets seraient quelque peu importuns - voir franchement maladroit - et risquent de nous faire passer à leurs yeux pour de prétentieux intellectuels déconnectés des réalités ordinaires. Et puis, au moins, la conversation météorologique est rarement source de désaccord ou de conflits - raison pour laquelle il est par exemple assez inconvenant de parler politique avec le premier quidam rencontré. Imparable météo donc, la conversation parfaite pourrions nous dire. On en revient donc éternellement à ce sentier battu et rebattu, qui, à l’usure, prend l’aspect si ennuyeux d’une autoroute navrante d’ennuis et de banalité… mais somme toute tellement facile.
Vivement le printemps.
mardi
Quand le vent des beaux discours ne fait plus frémir mes voiles.
« Les discours dans notre culture sont du vent avec lequel nous remplissons du vide. » (John Kenneth Galbraith)
C’était une belle matinée de novembre d’une journée qui - pourtant - commençait bien. Je m’étais endormi la veille en écoutant un quelconque intervenant radiophonique qui nous servait de la chute d’idéologie, de la déception réaliste, et du nostalgisme léniniste… Un sordide ennui certes – merci France Culture -, mais plutôt émouvant. La courte nuit entrecoupée d’insomnies intempestives s’est terminée – du moins aurait-elle due – par un réveil qui, rebelle, a refusé de jouer le rôle pour lequel il est pourtant préposé. Ce monstre habituellement tant redouté n’a pas sonné ce matin. Super. Juste le jour où je pars avec le big boss en chef général de l’honorable société qui m’emploie (si mon chef lit ce blog, je préfère passer sous silence mes ardeurs de franchise).
Et puis donc, me voici là, par hasard, entre des étudiants, lycéens (qui semblent rajeunirent chaque année davantage), des profs, et surtout, surtout, une foule de quadragénaires en chemise bien cirée et pompes bien repassées, et des mines affreusement ennuyées/antes. Une « rencontre technique » organisée par le conseil général de Seine-Saint-Denis, réunissant professionnels du paysage, organismes de formation, élus… Le thème, dans sa simple formulation aurait dut me mettre le doute quant à l’intérêt réel que je pouvais y espérer : « Gestion durable des espaces verts : quelles pratiques pour des espaces verts durables en Seine-Saint-Denis ? ». Je prends mon courage à une main, de l’autre mon bloc note. Je houspille un peu l’envie d’évasion qui semble m’envahir subitement – « allez Quentin, on se motive, avec un peu de chance, ça te servira pour ton mémoire ! » - en vain. A cet instant, en pensant à mon lit, je comprends les marins qui, dans la tempête, pensent à leur famille, ou rêvent d’un simple café en terrasse. Tel encore un geek faisant chauffé sa pizza dans la cuisine alors que le Mac est dans le salon, je réfrène impitoyablement mon envie de fuir - soyons raisonnable.
Hagard, je suis la foule après avoir serré une bonne trentaine de main – celles des sinistres costumés principalement - en servant l’habituel « Bonjour, Quentin Choisnet, de la société Plaine Environnement, … enchanté ».
Et puis les hostilités ont débutées. Je me suis crus au festival intergénérationnel de la cravate et du discours inutile et bien-pensant. Nous avons eu le droit à un assortiment de toutes les banalités clichéistes imaginables, un cocktail bien secoué d’écologie, respect, tolérance, vie, humanisme, activisme, morale, évolutionnisme, socialisme, valeur, anti-extrémisme… et j’en passe. Tout ces discours prétendument révolutionnaires chantés sur les accords de « on va changer le monde ensemble (en tout cas on en parle, à défaut de l’envisager) » m’ont écœurés au plus haut point. Le quel d’entre vous délaisserait sa belle Mercedes noire - ordinateur de bord intégré, intérieur cuir, ABS et contrôle directionnel - juste par amour de la fougère, du couché de soleil, ou de l’écureuil ??? La crédibilité que m’inspirent vos narcissiques platitudes n’égale même pas celle d’un projet d’unité au sein du parti socialiste. Entre les intervenants, un triste concours faisait rage : chacun semblait vouloir prouver sa valeur par l’étalage d’idées admises nobles, de mots émouvants (à nombreuses syllabes de préférence), et de syntaxe ayant la prétention de faire vibrer l’auditoire. Même le ton et la conviction - la foi devrais-je dire - y était. Je donne la palme à cet ivrogne littéraire qui nous a offert une petite référence (mal à propos) aux deux premiers chapitres de la Genèse.
En les écoutant, j’ai pensé deux minutes que, après réflexion, une guerre nucléaire n’aurait peut-être pas fait que du mal à l’humanité ! J’ai eu des visions de massacres, de génocides, d’espèce humaine en voie d’extinction, de charters géants s’éloignant vers le néant intersidéral …
Je suis fatigué… Si ça continue, j’érige un mur…
C’était une belle matinée de novembre d’une journée qui - pourtant - commençait bien. Je m’étais endormi la veille en écoutant un quelconque intervenant radiophonique qui nous servait de la chute d’idéologie, de la déception réaliste, et du nostalgisme léniniste… Un sordide ennui certes – merci France Culture -, mais plutôt émouvant. La courte nuit entrecoupée d’insomnies intempestives s’est terminée – du moins aurait-elle due – par un réveil qui, rebelle, a refusé de jouer le rôle pour lequel il est pourtant préposé. Ce monstre habituellement tant redouté n’a pas sonné ce matin. Super. Juste le jour où je pars avec le big boss en chef général de l’honorable société qui m’emploie (si mon chef lit ce blog, je préfère passer sous silence mes ardeurs de franchise).
Et puis donc, me voici là, par hasard, entre des étudiants, lycéens (qui semblent rajeunirent chaque année davantage), des profs, et surtout, surtout, une foule de quadragénaires en chemise bien cirée et pompes bien repassées, et des mines affreusement ennuyées/antes. Une « rencontre technique » organisée par le conseil général de Seine-Saint-Denis, réunissant professionnels du paysage, organismes de formation, élus… Le thème, dans sa simple formulation aurait dut me mettre le doute quant à l’intérêt réel que je pouvais y espérer : « Gestion durable des espaces verts : quelles pratiques pour des espaces verts durables en Seine-Saint-Denis ? ». Je prends mon courage à une main, de l’autre mon bloc note. Je houspille un peu l’envie d’évasion qui semble m’envahir subitement – « allez Quentin, on se motive, avec un peu de chance, ça te servira pour ton mémoire ! » - en vain. A cet instant, en pensant à mon lit, je comprends les marins qui, dans la tempête, pensent à leur famille, ou rêvent d’un simple café en terrasse. Tel encore un geek faisant chauffé sa pizza dans la cuisine alors que le Mac est dans le salon, je réfrène impitoyablement mon envie de fuir - soyons raisonnable.
Hagard, je suis la foule après avoir serré une bonne trentaine de main – celles des sinistres costumés principalement - en servant l’habituel « Bonjour, Quentin Choisnet, de la société Plaine Environnement, … enchanté ».
Et puis les hostilités ont débutées. Je me suis crus au festival intergénérationnel de la cravate et du discours inutile et bien-pensant. Nous avons eu le droit à un assortiment de toutes les banalités clichéistes imaginables, un cocktail bien secoué d’écologie, respect, tolérance, vie, humanisme, activisme, morale, évolutionnisme, socialisme, valeur, anti-extrémisme… et j’en passe. Tout ces discours prétendument révolutionnaires chantés sur les accords de « on va changer le monde ensemble (en tout cas on en parle, à défaut de l’envisager) » m’ont écœurés au plus haut point. Le quel d’entre vous délaisserait sa belle Mercedes noire - ordinateur de bord intégré, intérieur cuir, ABS et contrôle directionnel - juste par amour de la fougère, du couché de soleil, ou de l’écureuil ??? La crédibilité que m’inspirent vos narcissiques platitudes n’égale même pas celle d’un projet d’unité au sein du parti socialiste. Entre les intervenants, un triste concours faisait rage : chacun semblait vouloir prouver sa valeur par l’étalage d’idées admises nobles, de mots émouvants (à nombreuses syllabes de préférence), et de syntaxe ayant la prétention de faire vibrer l’auditoire. Même le ton et la conviction - la foi devrais-je dire - y était. Je donne la palme à cet ivrogne littéraire qui nous a offert une petite référence (mal à propos) aux deux premiers chapitres de la Genèse.
En les écoutant, j’ai pensé deux minutes que, après réflexion, une guerre nucléaire n’aurait peut-être pas fait que du mal à l’humanité ! J’ai eu des visions de massacres, de génocides, d’espèce humaine en voie d’extinction, de charters géants s’éloignant vers le néant intersidéral …
Je suis fatigué… Si ça continue, j’érige un mur…
dimanche
De la relativité de ma confiance envers la science... et de l’hypothèse d’une Terre pas si ronde que ça.

« Soleil levant ? Le soleil ne se lève pas corrige l’homme à l’esprit littéral, c’est au contraire la Terre qui tourne. Ah oui, vraiment ? Qu’est ce que cette assertion sinon une inférence elle-même fondée sur une chaine d’inférences reliées entre elles par toute une série de calcul astronomiques produits par inférence ? Hein ? Dites-moi, ô gourou copernicien, qui dans la race humaine a déjà pu observer le système solaire (si système il y a) avec suffisamment de recul pour voir, de ses yeux voir, par perception directe et non médiée, la Terre tourner, les planètes effectuer leur révolution, autour de cette boule en feu particulière que les hommes appellent … « Soleil » ? Cite moi un nom, un seul.
L’essentiel de ce que nous appelons science est ainsi : une connaissance vérifiée mais inférentielle, fondée sur des axiomes indémontrables. « Si ceci, alors cela… »Un conte vraisemblable. Probablement vrai. Mais en aucune manière certain […]. Je vois le soleil se lever chaque matin ; je n’ai jamais vu la Terre tourner. Je n’accepte donc pas les doctrines de la science comme parole d’évangile et serais un idiot si je le faisais. Pourquoi trahir le bon sens au profit d’une théorie, d’un culte ou d’une doctrine quels qu’ils soient ? Pourquoi nier la vérité de l’expérience de vivre par simple allégeance à quelques corpus de doctrine ésotérique, aussi complexe, cohérent et conclusif qu’il puisse paraitre ?
Donc je le répète, le Soleil se lève. […] Je ne l’ai jamais vu manquer à l’appel. Je lance cette vérité dans les dents d’Aristarque, Copernic, Galilée, Laplace, Newton (prends en pour ta pomme) et de tous leurs disciples dévoués […]. A quoi sert de nous débarrasser de l’oligarchie intellectuelle strictement hiérarchisé de la pensée judéo-chrétienne si c’est pour accepter veulement qu’une autre idéologie […] prenne sa place ? » (Edward Abbey, Un Fou ordinaire)
***
« La Terre tourne sur elle-même, et tourne autour du soleil ». Qui y croit ? Tout le monde. Qui le sait ? Personne (ou si peu). Cette certitude que nous croyons posséder est basée sur la confiance que nous vouons aux scientifiques et à ce qu’ils nous présentent comme étant des preuves de cette affirmation.
Or, on ne rappellera jamais assez que toute science sans exception se base sur des axiomes, voir des postulats, plus ou moins contestable et arbitraires.
En ce qui me concerne, la rotation de la Terre autour du Soleil me parait probable, mais je m’étonne beaucoup face à tous ceux qui croient aveuglement ce que la science impose comme vérité, qui ont plus de facilité à admettre ce qu’ils ne voient pas lorsqu’un scientifique l’affirme que lorsqu’un quelconque quidam l’affirme… tout en osant revendiquer un agnostisme et un rationalisme digne de Saint Thomas. Nous ne sommes pas sortis de l’obscurantisme… La bure à fait place à la blouse blanche. Les églises sont nos écoles et nos amphis, tandis que les monastères sont les laboratoires de recherches. Les prophètes ont fait place aux Darwin, Copernic, Chargaff, Newton ... et les foules qui vouent une foi sans réserve sont plus nombreuses que jamais.
***
Il y a quelques millénaires, la Terre était plate. Elle l’était puisque tout le monde y croyait aussi fermement que vous et moi croyons qu'elle est ronde ! Je me permets de faire l’hypothèse selon laquelle les humains de l’époque (pas plus bêtes que nous) ont dut se poser quelques questions avant de croire à une pareille chose. Quelques scientifiques de l’époque ont du mettre en place des protocoles expérimentaux. Je les imagine parcourir le vaste monde en observant l’inclinaison, au repos, de l’eau : toujours horizontale et parallèle à la ligne d’horizon ! Et puis si par hasard la Terre était cubique ou sphérique, ceux d’en dessous devrait nécessairement tomber, comme la Pomme de ce brave Isaac. Eh oui, n’avez-vous pas entendu parler de la gravité ?!? Enfin bref, la planéité de la Terre était alors une vérité incontestable, car scientifiquement prouvée.
Alors on peut se dire : "moi, à leur place, j'aurais fait preuve d'un peu plus de lucidité, et d'un scepticisme comme il se doit !"... ouais... Je me permets d'en douter (ce qui n'engage que moi).
Si demain, on me démontre que 2+2=5, je vais immédiatement chercher l’erreur de raisonnement, je vais remettre en doute chaque inférence, chaque logique. Si je ne trouve pas d’erreur dans le raisonnement, je conclurai que je n’ai pas trouvé l’erreur, mais serai incapable d’admettre la véracité d’un tel calcul tant celui-ci me parait improbable. En réalité donc, je vois ce que je veux voir et suis véritablement aveugle à tout autre chose.
En termes de savoirs, ma « vérité », même acquise au moyen du plus pur et absolu rationalisme, n’est donc qu’une croyance, en rien une réalité absolue et incontestable. L’objectivisme parfait n’existe pas.
mercredi
Châteaux dans les nuages
mardi
Quand je reviendrai...

« "Ferris, arrêtes ta voiture. Retournons."
Pour toute réponse, il appuie sur l'accélérateur. "Non, dit-il, tu as un train à prendre." Et comme il me voit tendre le cou en arrière pour regarder, "Ne t'en fais pas. Tout sera encore là le printemps prochain."
Le soleil se couche. De nouveau, je regarde la route. Nous allumons nos cigares d'après-diner. Maintenir vivante la flamme. La voiture file à travers un monde qui se dissout dans la neige et la nuit.
Oui, j'accepte, voila qui est bien penser et il vaut mieux qu'il en soit ainsi. [...] Le désert sera là au printemps. Et voici une autre pensée. Quand je reviendrai, est-ce que ce sera pareil ? Est-ce que je serai le même ? Est-ce que tout sera tout à fait pareil ? Si je reviens. »
(Edward Abbey, Désert solitaire)
Pour toute réponse, il appuie sur l'accélérateur. "Non, dit-il, tu as un train à prendre." Et comme il me voit tendre le cou en arrière pour regarder, "Ne t'en fais pas. Tout sera encore là le printemps prochain."
Le soleil se couche. De nouveau, je regarde la route. Nous allumons nos cigares d'après-diner. Maintenir vivante la flamme. La voiture file à travers un monde qui se dissout dans la neige et la nuit.
Oui, j'accepte, voila qui est bien penser et il vaut mieux qu'il en soit ainsi. [...] Le désert sera là au printemps. Et voici une autre pensée. Quand je reviendrai, est-ce que ce sera pareil ? Est-ce que je serai le même ? Est-ce que tout sera tout à fait pareil ? Si je reviens. »
(Edward Abbey, Désert solitaire)
vendredi
mercredi
If anything can go wrong, it will
La loi de Finagle, ou loi du pessimisme, affirme que tout événement ayant la moindre possibilité de tourner mal le fera un jour. Plus extrémiste encore, Murphy s’affranchi des probabilités pour affirmer que “If anything can go wrong, it will”. Cette loi de Murphy peut être corréler avec la théorie de l’ « emmerdement maximal », ou encore la théorie de la tartine beurrée :
“I never had a slice of bread,
Particularly large and wide,
That did not fall upon the floor,
And always on the buttered side.”
(Thomas Moore)
(Je m’abstiendrai d’évoquer le paradoxe de la lévitation félino-tartinique, contradiction certes captivante, mais hors de mon présent propos, d’autant que sa complexité réside sur des champs d’études qui me sont inconnus, rapprochant l’aérodynamisme du chat et la densité sectoriel des molécules de beurre.)
Cette loi de Murphy, ainsi que celle de la tartine beurrée, sont avérées et absolues… aussi certaines que la non-planéité de notre planète (sujet à propos duquel je reviendrais peut-être bientôt, si je surmonte ma crainte de perdre toutes crédibilités). J’adapterai ces théories en affirmant que s'il existe au minimum deux façons de faire quelque chose, et que la résultante d’au moins l’une de ces façons est catastrophique, il se trouvera inévitablement quelqu'un quelque part pour choisir la mauvaise façon.
Je suis celui-là.
Sans vouloir attribuer à la fatalité ce qui peut être mis au compte de ma bêtise, de mon inattention ou de « gaffes », je suis pourtant contraint de reconnaitre que les aléas du hasard jouent en ma défaveur ; parfois même au travers de coïncidences dont l’improbabilité n’a d’égal que le désastre de sa conséquence, précisément au moment inopportun. Conscient de cela, je me fais fort d’anticiper les aléas potentiels, de prévoir l’imprévisible, et de voir venir de loin les malheureuses catastrophes … Mais j’échoue constamment.
“I never had a slice of bread,
Particularly large and wide,
That did not fall upon the floor,
And always on the buttered side.”
(Thomas Moore)
(Je m’abstiendrai d’évoquer le paradoxe de la lévitation félino-tartinique, contradiction certes captivante, mais hors de mon présent propos, d’autant que sa complexité réside sur des champs d’études qui me sont inconnus, rapprochant l’aérodynamisme du chat et la densité sectoriel des molécules de beurre.)
Cette loi de Murphy, ainsi que celle de la tartine beurrée, sont avérées et absolues… aussi certaines que la non-planéité de notre planète (sujet à propos duquel je reviendrais peut-être bientôt, si je surmonte ma crainte de perdre toutes crédibilités). J’adapterai ces théories en affirmant que s'il existe au minimum deux façons de faire quelque chose, et que la résultante d’au moins l’une de ces façons est catastrophique, il se trouvera inévitablement quelqu'un quelque part pour choisir la mauvaise façon.
Je suis celui-là.
Sans vouloir attribuer à la fatalité ce qui peut être mis au compte de ma bêtise, de mon inattention ou de « gaffes », je suis pourtant contraint de reconnaitre que les aléas du hasard jouent en ma défaveur ; parfois même au travers de coïncidences dont l’improbabilité n’a d’égal que le désastre de sa conséquence, précisément au moment inopportun. Conscient de cela, je me fais fort d’anticiper les aléas potentiels, de prévoir l’imprévisible, et de voir venir de loin les malheureuses catastrophes … Mais j’échoue constamment.
mardi
Quand Facebook est une arène dans laquelle j'hésite à m'aventurer encore !
Je m’autorise une certaine indignation, face aux messages querelleurs et belliqueux inhérents à ce forum social nommé « Facebook », par ailleurs fort sympathique et dans les méandres duquel j’aime à m’attarder parfois, mais dont certains membres m’insupportent cordialement ces derniers jours !!!
Loin de moi l'idée d'évoquer votre droit d’expression, droit à propos duquel je vous reconnais une parfaite liberté et dont, pour tout dire, je me contrefiche royalement. Quant à la jouissance que vous procure la publication de commentaires désobligeants, je dois malgré tout admettre un consternant effarement.
N’avons nous pas d'autres sujets sur lesquels converser vous et moi ?!? Pourtant, il me semblait que ce coin du web favorable aux rencontres, converses, et autres retrouvailles, respirait la bonne humeur, la joviale gaité !?! Je m’en veux de mon fourvoiement divagatoire si ce n’est le cas !!! Je vais finir par le quitter (je bluff là, faut pas croire), à regret, et avec quelques larmes, je dois l’admettre, uniquement pour ne plus apercevoir d'agressions intempestives nuisant au bon morale des troupes (enfin, de moi en réalité).
Loin de moi l'idée d'évoquer votre droit d’expression, droit à propos duquel je vous reconnais une parfaite liberté et dont, pour tout dire, je me contrefiche royalement. Quant à la jouissance que vous procure la publication de commentaires désobligeants, je dois malgré tout admettre un consternant effarement.
N’avons nous pas d'autres sujets sur lesquels converser vous et moi ?!? Pourtant, il me semblait que ce coin du web favorable aux rencontres, converses, et autres retrouvailles, respirait la bonne humeur, la joviale gaité !?! Je m’en veux de mon fourvoiement divagatoire si ce n’est le cas !!! Je vais finir par le quitter (je bluff là, faut pas croire), à regret, et avec quelques larmes, je dois l’admettre, uniquement pour ne plus apercevoir d'agressions intempestives nuisant au bon morale des troupes (enfin, de moi en réalité).
***
J'ai faillis publier ca sur le Facebook en question, mais ai réalisé à temps l'incohérence de la démarche…
lundi
Illusion d'un parfait bazar

C’est le bazar. Autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, c’est un bazar monumental. Le genre avec les idées aux quatre coins du cerveau, anarchiquement éparpillées dans les recoins du cranes, et mes pauvres synapses qui s’emmêlent et s’épuisent à essayer de faire le lien entre les contradictions, les incohérences, les absurdités. Parfois, y’a même l’hémisphère droit qui fait des blagues à l’hémisphère gauche, allez savoir pourquoi…
*
Je crois que si je pouvais être, l’espace d’un instant, un observateur extérieur à moi-même, je serai tordu d’hilarité ou effondré de dépit – plus probablement un savant mélange des deux.
*
Mais j’ai trouvé un remède absolu, un genre de panacée universel et infaillible : un casque sur les oreilles, et une musique du genre… bourrin, à fond les décibels. Ca inhibe toute capacité de réflexion, stoppant ainsi les élucubrations du cerveau, noyé dans le bruit. Vous ajoutez une petite marche nocturne sous les étoiles (… ou les lampadaires, c’est selon) et une place dans un métro qui ne va nul-part, et vous n’êtes plus très loin de l’illusion du bien-être parfait !
samedi
A la mémoire d'Erostrate
Connaissez-vous Erostrate ? Si ce n’est pas le cas, un petit rappel : nous sommes en 356 avant JC. Cet homme de la Grèce antique aurait (je mets au conditionnel car je ne porte pas un crédit absolu aux affirmations des historiens) allumé l’incendie qui réduisit en cendre le somptueux temple d’Artémis d’Ephèse, dans l’espoir d’immortaliser son nom. Il souhaitait plus que tout que les générations futures se souviennent de lui. Les juges de l’époque l’auraient puni en interdisant à quiconque de citer son nom, afin qu’il soit oublié. Il aurait du rester inconnu pour toujours. Parallèlement à cette condamnation, Erostrate fut accessoirement exécuté, cela va de soi.
Alors voila, je vous incite à avoir une petite pensée pour lui, de temps à autre, au hasard des vagabondages de votre esprit.
Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Peut-être par plaisir d’aller à l’encontre d’une justice, d’un système qui prétend dicter la pensée de tous. Peut être pour que ce temple qui était certainement remarquable, n’ait pas brulé pour rien. Son geste était absurde, mais mémorable dans l’intention qui l’y a poussé, intention plus absurde encore que l’acte lui-même.
Rappelez vous d'Erostrate.
vendredi
Et vivre ces saisons lointaines.
J’aimerai voir ces gais printemps qui fleurissent les landes infinies, dans lesquelles les papillons, saouls de tant de soleil et tant de vie, ignorent ma présence, et ne pensent à rien si ce n’est à la joie.
J’aimerai voir ces étés durant lesquels le soleil froid et bleu ne dort jamais, la fraicheur du vent dans mon dos, la vivifiante chaleur de la lumière glissant sur mon visage.
J’aimerai voir ces automnes pluvieux et nostalgiques, colorant les forets sans fin d’innombrables couleurs contrastant avec la grisaille du ciel, la noirceur des nuages, et la violence du vent dans mes cheveux.
J’aimerai voir ces hiver blancs, froids, immobiles et sans vie, le son de mes pas dans la neige, et l’écho de mes chants, montant pur jusqu’aux étoiles.
J’aimerai voir ces étés durant lesquels le soleil froid et bleu ne dort jamais, la fraicheur du vent dans mon dos, la vivifiante chaleur de la lumière glissant sur mon visage.
J’aimerai voir ces automnes pluvieux et nostalgiques, colorant les forets sans fin d’innombrables couleurs contrastant avec la grisaille du ciel, la noirceur des nuages, et la violence du vent dans mes cheveux.
J’aimerai voir ces hiver blancs, froids, immobiles et sans vie, le son de mes pas dans la neige, et l’écho de mes chants, montant pur jusqu’aux étoiles.
jeudi
mercredi
Dans la lune...

Mais… chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Travailler sans soucis de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Travailler sans soucis de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !
(Estrait de Cyrano, Edmond Rostand)
mardi
Mon rêve familier
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - je l'ignore.
Son nom? je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
(Mon rêve familier, Verlaine)
Un petit peu de romantisme, après un weekend de mariage...
lundi
Un air de mélancolie

Une fois n'est pas coutume, un petit lien vers l'exterieur :
http://manior.blogspot.com/2009/09/un-air-de-melancolie.html
... le blog de Manior (mon frère), parce que c'est beau d'habitude,
Tout est biodégradable...
dimanche
Que le temps vienne où les coeurs s'éprennent.
vendredi
A propos de moutons, des bonzaïs de Nico et Carla, d’explosions téléphoniques, d’une nuit blanche, … et d’un départ.
Image de 24 heures d’une vie :
24 septembre 2009, 16H30 : Je commence à stresser, alarmé que je suis par l’iminence d’un rendez-vous OFFICIEL avec mon chef et mon directeur pour présenter, argumenter, justifier, les objectifs et la structure de mon mémoire de fin d’étude. Il convient de stresser un peu, je me l’accorde. Mon défit : convaincre, obtenir la signature, et accessoirement, le soutient et l’encouragement des deux personnes qui me font face. Autant ils sont cool d’ordinaire, autant dans ce rendez vous, ils ont vraiment des têtes … officielles. Un directeur ultra-ambitieux pour moi et un chef généreux de mes propres efforts, j’ai de quoi m’inquiéter.
17H20 : On cause, ... on cause d’économie, de moutons solognots, de marketing, de vaches Highlands, de management, d’ânes, de développement durable, de chèvres, de sciences humaines, de politique, de positionnement face à la concurrence, … et puis un peu d’espaces verts. J’aime.
« Tu détiens un sujet de major de promo, alors ne nous déçois pas ! »… ca, j’aime beaucoup moins. J’ai eu le tort de commencer la première année très fort, pour engranger une avance confortable sur la moyenne, et ils ne toléreront aucune régression. Ce qu’ils ignorent, c’est le retard pris en deuxième année, retard accumulé par inadvertance, par manque d’intérêt, par procrastination consciente et résignée. Enfin bref, j’ai la pression pour les 12 prochains mois. Ca s’annonce fendant.
Et puis j’aime aussi les conseils à propos : « prend rendez-vous avec le président du conseil général ! mets à profit les compétences du stagiaire d’école de commerce ! Prend le train, l’avion, vas voir ce qui se fait ailleurs, à l’étranger… » - « Merci, oui, j’ai bien tout pris en note, ne vous inquiétez pas. Merci, bonsoir. »
19H30 : « Au fait, Quentin, avant que tu partes, as-tu contacté le fournisseur pour les bonzaïs de Carla et Nico ? » - « Non, demain matin… oui, merci, bonne soirée. »
Vas-y Quentin, bosses toujours plus, toujours plus pour penser moins… !
20H30 : « Bonjour, je viens pour vous demander de m’excuser, je sais que nous avions RDV à 19 heure, mais j’ai eu un empêchement et je n’ai pas pu prévenir… Oui, quand vous voulez, je m’arrangerais… Mardi matin, oui, ca me va… C’est noté, merci et bonne soirée. Excusez-moi encore. »
Eh bah, il n’est pas encore réparé mon volet. Le devis n’est pas encore fait, la pénombre demeure.
21H00 :
« Salut ! Ca fait longtemps ! » (Les amis, même lorsque ca fait longtemps, rien a changé, et on reprend la discussion qu’on avait laissé en plan, 3 mois plus tôt.)
« Ouais, j’ai les billets pour le concert d’octobre ! »
« On se fait une bouffe, ca fait au moins 100 ans ! »
« Bien sur, Qu’est ce que tu crois ?! »
« Et le livre que l’on devait écrire à trois ??? On n’a pas dépassé 5 pages ?! »
« euh… plus tard … ou pas, oui, je sais que c’était mon idée mais… »
« Eh, tu viens à Copenhague début décembre ? Y’a Hulot et des tonnes de personnes, stu veux, je prends ma voiture et on monte ! »
« Je me désinterresse de Hulot comme de la couleur du nouveau rouge-à-lèvre à la mode !!! »
« Mais moi pas, et puis c’est une ville cool non ? »
« Faut voir, t’es bien motivé toi ? ... réellement ?»
« Bah écoute, ca me parait cool ! Et quand est-ce qu’on le crée notre parti politique ? C’est déjà foutu pour 2012, mais il faut voir à long terme, et se faire connaître d’ici là ! … 2017»
« Tu blague là j’espère !??! »
« Mais Quentin, c’est fini l’époque des débats passionnés et idéologiques, maintenant, il faut passer à l’action ! »
« Mais comment peut-on faire un parti ensemble alors qu’on n’est pas d’accord sur … »
« On s’en fout, ce n’est pas ca l’important… » (Je suis bien trop utopique, ca ne marchera jamais. … Et si… NON !) « Pourquoi tu ne passe pas à l’action ? »
« J’y réfléchirais, promis… » (Simple provocation ou réelle interrogation ?)
Pwahh !!! Y’a des communications téléphoniques qui déménagent de l’intérieur.
23H00 : Il faudrait peut-être que je mange…
« Pourquoi ? »
« Non Quentin, ne commence pas avec ce genre de question, mange et puis point c’est tout ! »
« Ok, alors je te propose un compromis : pain miel thé ! »
« Je ne devrais pas, mais OK, vas y. Tu mangeras mieux demain matin »… ou pas. A chaque jour suffit sa peine.
25 septembre 2009, 2H30 : Pas envie de dormir : On trouve des choses improbables, passionnantes, perturbantes… sur internet ! Remise en question, incrédulité, surprise, joie puis désillusion… mais espoir quand même.
5H30 : Réveil au son doux et désespérant de « Les dingues et les paumés » d’Hubert Félix Thébaine – chanson plus d’actualité que jamais pour moi. Je m’offre 20 minute de plus au lit et en échange, j'oublie le petit dèj… Je profite, la fenêtre ouverte vers un ciel jamais noir, vers des étoiles invisibles, et puis la fraicheur d’une petite brise humide et fraiche de début d’automne qui vient me tirer du lit malgré moi. La journée sera belle. Aller, debout. Un petit rasage en vitesse … Mais non !!! un vrai bon rasage, comme ca, je ne le refais pas demain pour le mariage… Ah oui, c’est vrais, le mariage ! Leur mariage. Un mariage. Demain, 26 septembre 2009… Nous disions, un bon rasage. Ne pas oublier la chemise dans mes bagages ce soir.
6H30 : Bonjour les collègues ! Ca va ? …Moi… « non, Je suis naze, j’ai pas dormis de la nuit : j’ai pensé, réfléchi, médité, espéré, j’ai parlé à Dieu, je me suis remis en question…. Je ne suis plus le même. » Je ne l’ais pas dis, je tiens à conserver le reste de crédibilité qu’ils me vouent. Pourquoi ? Vanités, poursuite d’un vent chimérique et illusoire, chant envoutant d’une sirène sur les rivages prétendument idylliques que la société m’offre en guise de rêve…
DANS 18 MOIS, JE PARS.
Au printemps 2011, je pars, je me paye une tranche de vrai rêve, de mon rêve, quoi que cela me coute.
7H30 : transport en commun
8H50 : RDV à Joinville le pont : « Bonjour… Enchanté, … En ce qui me concerne, j’aurais opté pour une solution plus directe, je propose que… C’est entendu. Quand ? …En ce qui concerne le paiement, nous seront contraint… Marché conclut. … Merci, et à bientôt. Bonne journée à vous aussi …»
8H55 : « Allo … Ouais ! Salut ! … Oui, pas de problème, je peux te rendre ce service avec plaisir ! Je te dois bien ça non ?!... à bientôt. »
9H00 : transport en commun. « Les gens sont beaux dans le métro. Ils font la tronche, ils ont l’air malheureux, ils ne parlent pas, ils ont les oreilles bouchés par des écouteurs-anti-communication-avec-autrui, ils ne me regardent pas. Ils ont l’air malheureux mais ils sont beaux. J’aimerais faire partie de l’humanité... »
10H50 : Rendez vous…
12H10 : transport en commun : « ce n’est pas vrai, toutes les jolies filles se sont données rendez-vous dans cette rame !?! Je suis absent, ailleurs, je ne suis pas là, je n’existe pas… atteinte à ma tranquillité ! »
Envie de sortir du train, de venir me perdre dans ce champs de maïs, de profiter du soleil, de la vie, de ce vestige d’agriculture entre deux ville de la lointaine banlieue Est. Mais pas le temps. Travailler plus pour penser moins. Efficacité, rentabilité, rapidité, … des tonnes de boulot à finir avant mon train ce soir. J’aurais dus anticiper.
Pas le temps.
Pas le temps de vivre.
Je ne demande pas grand-chose, juste un petit tour dans un champ de maïs ensoleillé par les derniers rayons du soleil estival, juste profiter un instant du temps qui défile, juste me sentir vivre pour autre chose que pour rien…
Dans 18 mois, c’est promis, je pars.
lundi
dimanche
Beauté
"Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l'âme se repend comme une lumière mystérieuse sur al beauté du corp."
samedi
jeudi
mercredi
Est ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?
Le soir, au coin du feu, j’ai pensé bien des fois,A la mort d’un oiseau, quelque part, dans les bois,
Pendant les tristes jours de l’hiver monotone
Les pauvres nids déserts, les nids qu’on abandonne,
Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l’hiver !
Pourtant lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes.
Dans le gazon d’avril où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?
François Coppée, La mort des oiseaux
mardi
lundi
Souvenirs...
dimanche
samedi
Etre et demeurer différent
vendredi
jeudi
vendredi
Médina
La vieille ville, 40° à l'ombre, un soleil écrasant, la chaleur illumine tout. Qu'est ce qui peut pousser des stagiaires français à venir faire leur stage ici ??? Je mes à profit quelques croquis faits pour l'analyse paysagère. Dès que je les aurais finis, j'en publierais un de la nouvelle ville, puis des quartiers périphériques. Je suis désolé, je n'ai pas encore vu les montagnes, alors pour les croquis de paysages paradisiaquement-beaux-ensoleillés-et-naturels, il faudra attendre un peu. D'ailleurs, j'en ai marre de la ville!!! Ce n'est pas ça que je suis venu voir !
mercredi
Vacances ou stage ?
Bon, c'est vrai que j'exagère un peu, mais pas de beaucoup !
J'ai le corps recouvert de 172 boutons de moustiques. J'aime les animaux. Si Si, même ceux que j'ai cruellement broyer entre ma sandale et le mur de ma chambre.
A part ça, je joins une belle photographie de nous avec Tijani, un collègue de boulot Marocain. Désolé pour le cadrage et l'éclairage qui laissent à désirer. Derrière, la Renault 4, c'est notre moyen de locomotion.
lundi
Mariage marocain ?
15 jours que je suis à Fès, un petit bilan rétrospectif s'impose.
D'abord, la bonne nouvelle, c'est que si je voulais passer ma vie ici, je n'aurais pas beaucoup d'efforts à faire. Un voisin marocain me parle de sa fille en permanence, et me dis en résumé que c'est quelqu'un comme moi qu'il faudrait pour la marier ! (je suis flatté ! si si, sérieusement !) En gros, le message à peine caché, c'est que je n'ai qu'à lever le petit doigt pour me marier avec sa fille (que je n'ai d'ailleurs jamais vu, mais est-ce réellement important ?). Par ailleurs, j'ai également rencontré un professeur de l'université des sciences qui lui non plus ne tari pas d'éloges sur sa fille, et qui nous a invité (moi et mes deux collègues) à venir manger un couscous chez lui dans les prochains jours.
A coté de cela, la mauvaise nouvelle, c'est que malgré les très bons cotés que je reconnais à cette ville, à ce pays et à cette culture, je ne me vois absolument pas passer ici le restant de mes jours. J'aime beaucoup cette ville, j'aime beaucoup les marocains, mais jamais je ne pourrais m'y sentir chez moi (ne serait-ce que pour le climat). Alors tant pis, je renonce douloureusement aux avances qui me sont faites, et j'envisage à regret (ou pas) un retour dans mon pays natal dans 6 semaines maintenant.
Enfin, je dis cela, mais j'ai déjà les idées bien plus au Nord, dans ces pays ou les températures estivales ne sont que la moitié de ce qu'elles sont ici : en Scandinavie. Je pense déjà à la semaine que je vais passé là-bas fin août. En attendant, je bronze de plus en plus, et mon apparence se rapproche de plus en plus de celle d'une merguez d'agneau hallal grillée au feu de bois.
Je commence néanmoins à me sentir très à l'aise ici, je sais même comment répondre EN ARABE pour envoyer balader des commerçants top agressifs, des mendiants trop insistants, des enfants trop collants ! Y'a pas a dire, ça a carrément plus d'impact que lorsque je bafouillais trois mots d'excuses en français du genre "je ne suis pas intéressé, merci. Excusez moi d'avoir osé vous laisser espérer un instant par la passivité de mon attitude, que peut-être vous aviez trouvé un pigeons pour vous acheter ce magnifique sabre mauresque en plastique doré made in Taiwan !".
Enfin, je profite beaucoup, et pas un instant, je regrette d'être là.
D'abord, la bonne nouvelle, c'est que si je voulais passer ma vie ici, je n'aurais pas beaucoup d'efforts à faire. Un voisin marocain me parle de sa fille en permanence, et me dis en résumé que c'est quelqu'un comme moi qu'il faudrait pour la marier ! (je suis flatté ! si si, sérieusement !) En gros, le message à peine caché, c'est que je n'ai qu'à lever le petit doigt pour me marier avec sa fille (que je n'ai d'ailleurs jamais vu, mais est-ce réellement important ?). Par ailleurs, j'ai également rencontré un professeur de l'université des sciences qui lui non plus ne tari pas d'éloges sur sa fille, et qui nous a invité (moi et mes deux collègues) à venir manger un couscous chez lui dans les prochains jours.
A coté de cela, la mauvaise nouvelle, c'est que malgré les très bons cotés que je reconnais à cette ville, à ce pays et à cette culture, je ne me vois absolument pas passer ici le restant de mes jours. J'aime beaucoup cette ville, j'aime beaucoup les marocains, mais jamais je ne pourrais m'y sentir chez moi (ne serait-ce que pour le climat). Alors tant pis, je renonce douloureusement aux avances qui me sont faites, et j'envisage à regret (ou pas) un retour dans mon pays natal dans 6 semaines maintenant.
Enfin, je dis cela, mais j'ai déjà les idées bien plus au Nord, dans ces pays ou les températures estivales ne sont que la moitié de ce qu'elles sont ici : en Scandinavie. Je pense déjà à la semaine que je vais passé là-bas fin août. En attendant, je bronze de plus en plus, et mon apparence se rapproche de plus en plus de celle d'une merguez d'agneau hallal grillée au feu de bois.
Je commence néanmoins à me sentir très à l'aise ici, je sais même comment répondre EN ARABE pour envoyer balader des commerçants top agressifs, des mendiants trop insistants, des enfants trop collants ! Y'a pas a dire, ça a carrément plus d'impact que lorsque je bafouillais trois mots d'excuses en français du genre "je ne suis pas intéressé, merci. Excusez moi d'avoir osé vous laisser espérer un instant par la passivité de mon attitude, que peut-être vous aviez trouvé un pigeons pour vous acheter ce magnifique sabre mauresque en plastique doré made in Taiwan !".
Enfin, je profite beaucoup, et pas un instant, je regrette d'être là.
mardi
lundi
Lundi 29 juin :
Ca y est, j’ai enfin gouté à l’accueil chaleureux, à l’ouverture et à la générosité des marocains. Ca fait vraiment super plaisir. Ca procure une sorte de chaleur intérieure à laquelle je ne m’attendais pas. En même temps, je trouve cela un peu dangereux. Face à une telle attitude, je me sens extrêmement redevable envers eux. Je leurs suis redevable de m’accueillir ainsi, alors que je ne suis rien pour eux, redevable de recevoir d’eux alors que je leur apporte si peu ! Je crois que si ca continue comme cela, j’aurais une dette énorme envers eux en partant d’ici. Je crois que je commence à vraiment aimer la population marocaine. Il m’aura fallu 4 jours.
L’adjoint responsable du SEV et le directeur du parc que nous avons visité semble être reconnaissants envers la France pour ce que le protectorat a fait jusqu’en 1954. Il n’y a pas l’air d’exister de souffrance réelle à ce sujet comme il peut y en avoir de la part des Algériens. Je comprends aisément cela en raison des deux façons différentes de s’affranchir du colonialisme. Ca s’est fait dans la paix au Maroc. En Algérie, ce fut un peu différent.
Comme je l’ai dis antérieurement, la vie est réellement plus complexe à 3 que ce qu’elle était à deux. Des tensions sont latentes, alors qu’il n’y a que 2 jours que nous sommes ensembles. Des tensions à propos de choses insignifiantes telles que la nourriture (« La vache qui rit revient plus cher que la viande ! »), ou à propos de choses plus importantes telles que les choix d’activité (« On va ce soir à l’office du tourisme ?! ») ou les façons de travailler (« Ta conclusion est beaucoup trop hâtive et bien trop prématurée ! »). A deux, les conflits se règlent dans l’égalité, à « 1 contre 1 ». A trois, il y a systématiquement un déséquilibre, et une sorte de « 2 contre 1 » qui est très désagréable pour celui qui est 1. Lorsque je suis le 1, c’est très frustrant, j’ai comme l’impression d’être écrasé sous le nombre. La démocratie à ceci comme limite que lorsque la majorité se trompe, elle entraine dans l’erreur la minorité et sa raison. Je suis définitivement anti-démocratique et je sais pertinemment que j’ai raison, que je sois ou non au sein de la majorité.
L’adjoint responsable du SEV et le directeur du parc que nous avons visité semble être reconnaissants envers la France pour ce que le protectorat a fait jusqu’en 1954. Il n’y a pas l’air d’exister de souffrance réelle à ce sujet comme il peut y en avoir de la part des Algériens. Je comprends aisément cela en raison des deux façons différentes de s’affranchir du colonialisme. Ca s’est fait dans la paix au Maroc. En Algérie, ce fut un peu différent.
Comme je l’ai dis antérieurement, la vie est réellement plus complexe à 3 que ce qu’elle était à deux. Des tensions sont latentes, alors qu’il n’y a que 2 jours que nous sommes ensembles. Des tensions à propos de choses insignifiantes telles que la nourriture (« La vache qui rit revient plus cher que la viande ! »), ou à propos de choses plus importantes telles que les choix d’activité (« On va ce soir à l’office du tourisme ?! ») ou les façons de travailler (« Ta conclusion est beaucoup trop hâtive et bien trop prématurée ! »). A deux, les conflits se règlent dans l’égalité, à « 1 contre 1 ». A trois, il y a systématiquement un déséquilibre, et une sorte de « 2 contre 1 » qui est très désagréable pour celui qui est 1. Lorsque je suis le 1, c’est très frustrant, j’ai comme l’impression d’être écrasé sous le nombre. La démocratie à ceci comme limite que lorsque la majorité se trompe, elle entraine dans l’erreur la minorité et sa raison. Je suis définitivement anti-démocratique et je sais pertinemment que j’ai raison, que je sois ou non au sein de la majorité.
Dimanche 28 juin :
Sa majesté Mohamed VI a son lac, un lac artificiel qui a mon avis sert à irriguer les cultures de maïs de sa majesté Mohamed VI. Si j’étais marocain, je voterais communiste aux prochaines élections monarchiques !
Et puis il y a eu cette rivière que nous avions vu de loin, au milieu des montagnes. Nous avons marché un bon moment, dans l’espoir de l’atteindre, et d’y trouver une certaine fraicheur. Nous y avons trouvé des rives brulées par le sel, une eau tiède et opaque, des accumulations de sel (j’ai gouté) cristallisé, et surtout, des détritus partout. C’était dégoutant, très décevant.
A propos du roi, j’ai failli créer un incident diplomatique majeur entre la France et le Maroc. En discutant avec le frère du proprio de l’appart, à son café, il nous disait que beaucoup de marocains souhaitaient passer à système démocratique à la place de cette monarchie. Il nous a dis que de ce point de vu, ils enviaient la France. J’ai alors dit un peu en plaisantant, un peu maladroitement, que « en France, ca fait un bout de temps que nous avons décapité les rois ! ». Alors j’ai de la chance que cet homme soit très ouvert, qu’il ait vécut longtemps en Europe… parce que j’ai vraiment l’impression que ce n’est pas le genre de pays ou il doit falloir trop plaisanter à propos du pouvoir. Si les prisons marocaines sont ce que j’en imagine, je préfère ne pas les visiter. Le touriste que je suis se passera sans peine de cette découverte.
Samedi 27 juin :
La vie à trois semble se présentée comme plus complexe que celle à deux. Les divergences d’opinions et de projets sont multipliées par deux, tandis que les solutions de compromis sont divisés par deux. On peut donc dire que les possibilités de conflits sont multipliées par 4. C’est énorme, et ca me fait peur.
Nico a perdu sa valise dans le changement d’avion à l’aéroport de Casablanca. Je crois qu’il le vis pas trop mal, mais je sais que j’aurais horreur d’être à sa place. C’est un raisonnement purement égoïste de ma part, mais je préfère 100 fois que ca lui soit arrivé à lui plutôt que ca me fut arrivé à moi. C’est égoïste, j’ai honte de penser ca, mais je le pense, alors je l’écrit par honnêteté envers moi-même.
Pourquoi avons-nous payé 200 Dh un taxi ce matin, alors que cet après midi, en négociant 7 secondes et demi, j’ai ramené le prix à 40 Dh ? Nous nous sommes fait arnaquer ! Puis-je mettre ca sur le compte d’une œuvre charitable au profit des pauvres chauffeurs de taxi marocains ? Enfin, la prochaine fois, je tente 20 Dh.
Les sentiments que je ressens les plus fortement en moi depuis hier ne sont pas franchement positifs : de la crainte, de l’égoïsme, de l’inquiétude. Il y a pourtant des tas de moments positifs, des moments beaux, des moments agréables, des moments d’échange, des moments de plaisir, des moments de joie, des moments de rigolade… Alors même si ce que j’écris n’est pas représentatif, de ce que je vis réellement, je suis content d’être ici, à Fès, aujourd’hui.
Moment positifs : Le désintéressement de certaines personnes qui nous ont aidées, très aimablement, sans aucun intérêt. C’est extrêmement agréable.
Moment beau : Beauté de l’admiration que ma voisine d’avion avait pour ce pays qu’elle idéalisait, beauté de la manière dont elle le décrivait, simplement, mais avec émotion et une grande joie d’en faire profiter le parfait inconnu que j’étais pour elle.
Moment agréable : Un bon jus d’orange pressée, à l’ombre d’une terrasse de café, en sachant que le temps n’existe que pour que l’on en profite.
Moment d’échange : Echange de ressentis sur la journée, sur les lieux, les gens, les événements, avec Nicolas et Hélène, le soir, lorsque la soirée semble devoir être infinie.
Moment de plaisir : Manger de la bonne cuisine, en discutant, dans la bonne humeur, et en savourant le fait que ce plat soit le premier, qu’il nous reste tant de temps à passer, tant de lieux et de personnes à découvrir, que nous avons le sentiment que ce sera une éternité. Plaisir de se sentir très très loin de la fin de cette éternité.
Moment de joie : Joie de savoir que loin, très loin, un chanteur ultra-connu est décédé et … qu’on s’en fout royalement. Nous sommes loin, très loin de ce monde qui nous parait d’une autre galaxie. Ce monde dans lequel des stars, des médias, des politiques, des autorités… nous détournent de ce qui importe réellement. Les vrais voyages sont intérieurs.
Moment de rigolade : « Il est bête ce chat ! »
Malgré tout, je crois que j’aime le peuple marocain, j’aime sa beauté, sa pureté. J’admire particulièrement les femmes marocaines, qui, au contraire des européennes, son tellement digne. Elles sont dignes dans leurs façons de se comporter envers nous, les touristes, elles sont dignes dans leurs manières de parler, elles sont dignes dans leur façon de se vêtir. Elles font preuve d’un immense respect, à coté duquel je me sens presque honteux. A coté d’elles, les femmes françaises me paraissent viles, irrespectueuses, provocantes, et sans-gêne. Les femmes françaises sont bien sur admirables également, mais pas souvent pour les mêmes raisons. Je n’arrive pas encore à décrire précisément quel est ce sentiment que les marocaines m’inspirent, mais il y a néanmoins ce sentiment de grande admiration et de respect envers elles. J’aspire à connaitre plus la population marocaine.
Nico a perdu sa valise dans le changement d’avion à l’aéroport de Casablanca. Je crois qu’il le vis pas trop mal, mais je sais que j’aurais horreur d’être à sa place. C’est un raisonnement purement égoïste de ma part, mais je préfère 100 fois que ca lui soit arrivé à lui plutôt que ca me fut arrivé à moi. C’est égoïste, j’ai honte de penser ca, mais je le pense, alors je l’écrit par honnêteté envers moi-même.
Pourquoi avons-nous payé 200 Dh un taxi ce matin, alors que cet après midi, en négociant 7 secondes et demi, j’ai ramené le prix à 40 Dh ? Nous nous sommes fait arnaquer ! Puis-je mettre ca sur le compte d’une œuvre charitable au profit des pauvres chauffeurs de taxi marocains ? Enfin, la prochaine fois, je tente 20 Dh.
Les sentiments que je ressens les plus fortement en moi depuis hier ne sont pas franchement positifs : de la crainte, de l’égoïsme, de l’inquiétude. Il y a pourtant des tas de moments positifs, des moments beaux, des moments agréables, des moments d’échange, des moments de plaisir, des moments de joie, des moments de rigolade… Alors même si ce que j’écris n’est pas représentatif, de ce que je vis réellement, je suis content d’être ici, à Fès, aujourd’hui.
Moment positifs : Le désintéressement de certaines personnes qui nous ont aidées, très aimablement, sans aucun intérêt. C’est extrêmement agréable.
Moment beau : Beauté de l’admiration que ma voisine d’avion avait pour ce pays qu’elle idéalisait, beauté de la manière dont elle le décrivait, simplement, mais avec émotion et une grande joie d’en faire profiter le parfait inconnu que j’étais pour elle.
Moment agréable : Un bon jus d’orange pressée, à l’ombre d’une terrasse de café, en sachant que le temps n’existe que pour que l’on en profite.
Moment d’échange : Echange de ressentis sur la journée, sur les lieux, les gens, les événements, avec Nicolas et Hélène, le soir, lorsque la soirée semble devoir être infinie.
Moment de plaisir : Manger de la bonne cuisine, en discutant, dans la bonne humeur, et en savourant le fait que ce plat soit le premier, qu’il nous reste tant de temps à passer, tant de lieux et de personnes à découvrir, que nous avons le sentiment que ce sera une éternité. Plaisir de se sentir très très loin de la fin de cette éternité.
Moment de joie : Joie de savoir que loin, très loin, un chanteur ultra-connu est décédé et … qu’on s’en fout royalement. Nous sommes loin, très loin de ce monde qui nous parait d’une autre galaxie. Ce monde dans lequel des stars, des médias, des politiques, des autorités… nous détournent de ce qui importe réellement. Les vrais voyages sont intérieurs.
Moment de rigolade : « Il est bête ce chat ! »
Malgré tout, je crois que j’aime le peuple marocain, j’aime sa beauté, sa pureté. J’admire particulièrement les femmes marocaines, qui, au contraire des européennes, son tellement digne. Elles sont dignes dans leurs façons de se comporter envers nous, les touristes, elles sont dignes dans leurs manières de parler, elles sont dignes dans leur façon de se vêtir. Elles font preuve d’un immense respect, à coté duquel je me sens presque honteux. A coté d’elles, les femmes françaises me paraissent viles, irrespectueuses, provocantes, et sans-gêne. Les femmes françaises sont bien sur admirables également, mais pas souvent pour les mêmes raisons. Je n’arrive pas encore à décrire précisément quel est ce sentiment que les marocaines m’inspirent, mais il y a néanmoins ce sentiment de grande admiration et de respect envers elles. J’aspire à connaitre plus la population marocaine.
Vendredi 26 Juin :
Arrivée hier, en « terra incognita », à minuit environ. Enfin, je dis minuit, mais je n’en sais trop rien, je n’ai pas encore trop bien saisie cet histoire de semi-changement horaire qu’il y a avec l’horaire français. Nous visitons le logement qui va être le notre durant les huit prochaines semaines.
Pourquoi ais-je eu cette impression tenace durant cette première journée, d’être en quelque sorte en milieu hostile ? Pourquoi ne suis-je à l’aise réellement que dans notre logement, dans notre espèce de bulle d’européanisme importée dans nos bagages ? Pourquoi ais-je malgré moi cette peur ? Cette hostilité, l’ais-je apportée avec moi ou bien était-elle à m’attendre ici ? Je veux dire, est-ce moi qui ressens cette hostilité, ou est-elle bien réelle ? Je ne suis pourtant pas venu ici avec un apriori négatif envers la population marocaine. Est-ce cela, le racisme ressenti par les personnes d’origine étrangère en France ? La différence est là, entre eux et moi, bien réelle. On dit que la différence est source de craintes, est-ce là la source de mes craintes ? En France, je ne vis pas cette crainte envers les personnes d’origine étrangère, car je suis dans un univers dans lequel j’ai mes repères, mes points d’accroche. La différence est finalement minoritaire. Ici, je suis plongé de la tête aux pieds dans la différence, et c’est surement cela qui fait peur.
J’aimerais pouvoir dire que je me sens parfaitement à l’aise, que les relations avec les autochtones sont faciles. Me donner l’apparence du type à l’aise en n’importe quelle lieu et compagnie. Mais ce n’est pas le cas. Je veux être honnête avec moi-même, et regarder la vérité en face : nous sommes très différents, je ressens une hostilité (réelle ou non, je ne peux pas me prononcer), et cette hostilité est pour moi source de malaise. J’ai presque honte de le dire, mais je crois que c’est la vérité. Est-ce un tort de ma part ? Suis-je coupable de me sentir mal-à-l’aise ? Peut-être, mais c’est ainsi. Je souhaite passer au-delà de ce malaise, et je crois que j’y parviendrais avec le temps.
On nous avait dit que les gens d’ici étaient accueillants et hospitaliers. Pourquoi les seuls personnes qui nous ont manifesté une forme d’accueil chaleureux (il y à même eu un homme qui m’a embrassé le front parce que j’avais dis quelque-chose qui lui avait plut) sont uniquement celles à qui nous avions payé quelque-chose, ou celle qui espéraient que nous leurs payions quelque-chose ? Pourquoi cet homme qui nous a accueilli à bras ouverts dans la rue, qui nous a fait visiter sont magasin d’art, qui nous a offert le thé, qui nous a complimenté (qui est même allé jusqu’à m’embrasser sur le front parce que je lui avais dit une chose qui lui avait plut !), a-t-il prit cet air aussi fermé contrarié et hostile lorsque nous lui avons dit que nous ne lui achèterions rien aujourd’hui ? Du statut d’amis intime, je suis repassé à celui de méprisable mauvais client (que je suis d’ailleurs sans aucun doute). Pourtant, à chaque instant, j’ai fais mon possible pour ne pas faire espérer un quelconque achat, qui m’aurait exposé à le décevoir. Seules deux personnes ont été agréables sans être réellement intéressée par le contenu de mon portefeuille : Une jeune fille à coté de nous dans l’avion hier soir, française, mais aimant le Maroc, son pays d’origine (qu’elle ne connait pas), et la guichetière de la banque ce matin. Je remercie ces deux personnes là. C’est un merci qui fait chaud au cœur.
Une crainte existe également en moi. Une crainte qui n’est plus orientée envers les marocains, mais envers moi-même. La peur de contrarier ou de blesser chaque personne que nous rencontrons, peur de paraitre ce à quoi je ne veux surtout pas ressembler, tout en étant certain que c’est déjà comme tel que l’on me regarde dans la rue. Je n’aime pas être touriste. Je n’aime pas prendre en photo ce qui fait le quotidien des habitants de cette ville. Je n’aime pas regarder leurs apparences, leurs façons de faire, leurs habitudes, leurs accoutrements… Je n’aime pas et si je pouvais éviter de le faire, j’aimerais ne pas le faire. En ce qui me concerne, je n’apprécierais pas que des touristes me regarde lorsque je suis chez moi comme je ne peux m’empêcher (et je m’en veux) de regarder les marocains ici. C’est comme si je volais une partie d’eux-mêmes, de leur essence intime. Je ressens cela comme un viol. Ils me sont inconnus et je contemple leur intimité sans discrétion, sans pudeur.
Le plus triste, à mes yeux, c’est qu’ils semblent à la fois provoquer, jouer et vivre de ce viol de leur vie par les européens. Dans une ville si touristique, ce viol leur est imposé au quotidien, ils s’y sont habitué, et ce viol leur permet de gagner leur blé ! Il y a quelque-chose que je perçois de presque immoral de la part des touristes à être à l’origine de cette situation, et de la part des autochtones, à accepter cette situation. Je préférerais 100 fois qu’ils me crachent à la figure plutôt que de m’embrasser pour me faire acheter.
Non, je n’achèterais pas cette resplendissante poterie. Pourquoi l’acheter ? Il y aurait des tas de raisons. Pourquoi ne pas l’acheter ? Parce que finalement, une fois sortie de son magasin, sortie de sa ville, sortie des mains de son propriétaire, cette poterie n’aura plus aucune valeur que celle de l’objet-souvenir, à mes yeux. N’est-elle pas beaucoup plus admirable au milieu de toutes ces autres poteries, dans ce magnifique environnement ? Et quelle sera sa splendeur une fois que je l’aurais amené dans mon logement terne et fade à Paris ? Elle ne sera plus qu’une relique, un souvenir déchu de la beauté d’un instant, d’un lieu. Cette poterie n’est pas ce que j’admire ici. Ce que j’admire, c’est la personnalité du potier, c’est l’harmonie auquel elle contribue sur l’étalage, c’est le fait qu’elle soit à sa place, à cet instant précis. L’étalage est si beau que je ne me permettrais pas d’en retirer quoi que ce soit, d’autant moins pour m’approprier une quelconque part de cette beauté. Vouloir se l’approprier, même partiellement, serait détruire ce qui fait qu’elle existe. Alors non, je n’achèterais pas cette resplendissante poterie. N’insistez pas monsieur, je suis un mauvais client, un mauvais touriste.
Pourquoi ais-je eu cette impression tenace durant cette première journée, d’être en quelque sorte en milieu hostile ? Pourquoi ne suis-je à l’aise réellement que dans notre logement, dans notre espèce de bulle d’européanisme importée dans nos bagages ? Pourquoi ais-je malgré moi cette peur ? Cette hostilité, l’ais-je apportée avec moi ou bien était-elle à m’attendre ici ? Je veux dire, est-ce moi qui ressens cette hostilité, ou est-elle bien réelle ? Je ne suis pourtant pas venu ici avec un apriori négatif envers la population marocaine. Est-ce cela, le racisme ressenti par les personnes d’origine étrangère en France ? La différence est là, entre eux et moi, bien réelle. On dit que la différence est source de craintes, est-ce là la source de mes craintes ? En France, je ne vis pas cette crainte envers les personnes d’origine étrangère, car je suis dans un univers dans lequel j’ai mes repères, mes points d’accroche. La différence est finalement minoritaire. Ici, je suis plongé de la tête aux pieds dans la différence, et c’est surement cela qui fait peur.
J’aimerais pouvoir dire que je me sens parfaitement à l’aise, que les relations avec les autochtones sont faciles. Me donner l’apparence du type à l’aise en n’importe quelle lieu et compagnie. Mais ce n’est pas le cas. Je veux être honnête avec moi-même, et regarder la vérité en face : nous sommes très différents, je ressens une hostilité (réelle ou non, je ne peux pas me prononcer), et cette hostilité est pour moi source de malaise. J’ai presque honte de le dire, mais je crois que c’est la vérité. Est-ce un tort de ma part ? Suis-je coupable de me sentir mal-à-l’aise ? Peut-être, mais c’est ainsi. Je souhaite passer au-delà de ce malaise, et je crois que j’y parviendrais avec le temps.
On nous avait dit que les gens d’ici étaient accueillants et hospitaliers. Pourquoi les seuls personnes qui nous ont manifesté une forme d’accueil chaleureux (il y à même eu un homme qui m’a embrassé le front parce que j’avais dis quelque-chose qui lui avait plut) sont uniquement celles à qui nous avions payé quelque-chose, ou celle qui espéraient que nous leurs payions quelque-chose ? Pourquoi cet homme qui nous a accueilli à bras ouverts dans la rue, qui nous a fait visiter sont magasin d’art, qui nous a offert le thé, qui nous a complimenté (qui est même allé jusqu’à m’embrasser sur le front parce que je lui avais dit une chose qui lui avait plut !), a-t-il prit cet air aussi fermé contrarié et hostile lorsque nous lui avons dit que nous ne lui achèterions rien aujourd’hui ? Du statut d’amis intime, je suis repassé à celui de méprisable mauvais client (que je suis d’ailleurs sans aucun doute). Pourtant, à chaque instant, j’ai fais mon possible pour ne pas faire espérer un quelconque achat, qui m’aurait exposé à le décevoir. Seules deux personnes ont été agréables sans être réellement intéressée par le contenu de mon portefeuille : Une jeune fille à coté de nous dans l’avion hier soir, française, mais aimant le Maroc, son pays d’origine (qu’elle ne connait pas), et la guichetière de la banque ce matin. Je remercie ces deux personnes là. C’est un merci qui fait chaud au cœur.
Une crainte existe également en moi. Une crainte qui n’est plus orientée envers les marocains, mais envers moi-même. La peur de contrarier ou de blesser chaque personne que nous rencontrons, peur de paraitre ce à quoi je ne veux surtout pas ressembler, tout en étant certain que c’est déjà comme tel que l’on me regarde dans la rue. Je n’aime pas être touriste. Je n’aime pas prendre en photo ce qui fait le quotidien des habitants de cette ville. Je n’aime pas regarder leurs apparences, leurs façons de faire, leurs habitudes, leurs accoutrements… Je n’aime pas et si je pouvais éviter de le faire, j’aimerais ne pas le faire. En ce qui me concerne, je n’apprécierais pas que des touristes me regarde lorsque je suis chez moi comme je ne peux m’empêcher (et je m’en veux) de regarder les marocains ici. C’est comme si je volais une partie d’eux-mêmes, de leur essence intime. Je ressens cela comme un viol. Ils me sont inconnus et je contemple leur intimité sans discrétion, sans pudeur.
Le plus triste, à mes yeux, c’est qu’ils semblent à la fois provoquer, jouer et vivre de ce viol de leur vie par les européens. Dans une ville si touristique, ce viol leur est imposé au quotidien, ils s’y sont habitué, et ce viol leur permet de gagner leur blé ! Il y a quelque-chose que je perçois de presque immoral de la part des touristes à être à l’origine de cette situation, et de la part des autochtones, à accepter cette situation. Je préférerais 100 fois qu’ils me crachent à la figure plutôt que de m’embrasser pour me faire acheter.
Non, je n’achèterais pas cette resplendissante poterie. Pourquoi l’acheter ? Il y aurait des tas de raisons. Pourquoi ne pas l’acheter ? Parce que finalement, une fois sortie de son magasin, sortie de sa ville, sortie des mains de son propriétaire, cette poterie n’aura plus aucune valeur que celle de l’objet-souvenir, à mes yeux. N’est-elle pas beaucoup plus admirable au milieu de toutes ces autres poteries, dans ce magnifique environnement ? Et quelle sera sa splendeur une fois que je l’aurais amené dans mon logement terne et fade à Paris ? Elle ne sera plus qu’une relique, un souvenir déchu de la beauté d’un instant, d’un lieu. Cette poterie n’est pas ce que j’admire ici. Ce que j’admire, c’est la personnalité du potier, c’est l’harmonie auquel elle contribue sur l’étalage, c’est le fait qu’elle soit à sa place, à cet instant précis. L’étalage est si beau que je ne me permettrais pas d’en retirer quoi que ce soit, d’autant moins pour m’approprier une quelconque part de cette beauté. Vouloir se l’approprier, même partiellement, serait détruire ce qui fait qu’elle existe. Alors non, je n’achèterais pas cette resplendissante poterie. N’insistez pas monsieur, je suis un mauvais client, un mauvais touriste.
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Destination Maroc
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Ca y est, je pars ce soir pour la ville de Fèz au Maroc. Ca va être l'occasion de confronter mes apprioris à la réalité. J'ai hate d'y etre sans pour autant manifester un enthousiasme débordant. Je suis content d'y aller, et je crois que je serais content de revenir ici lorsque le moment sera venu.
"Les plus beaux voyages se font à l'interieur de soi. Les distances n'ont pas vraiment d'importance en ce sens." (Daniel Desbiens)
Hors des villes
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"J'ai de la nostalgie d'une de ces vieilles routes sinueuses et inhabitées qui mènent hors des villes, [...] une route qui conduise aux conffins de la terre [...] où l'esprit est libre" (Henry David Thoreau, "De la marche")
Partir des villes, quitter la civilisation, s'affranchir des pressions et des influence que la masse des gens vous charge sur le dos, tourner le dos aux règles, aux bienséantes banalités, ne plus rester enfermé dans un système qui emprisonne, formate et neutralise la pensée de chacun... Quitter les gens, les voisins, les collègues, les connaissances, les autorités, ... aller droit devant soi, hors des villes.
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