lundi 8 février 2010
vendredi 5 février 2010
jeudi 4 février 2010
mercredi 3 février 2010
mardi 2 février 2010
lundi 1 février 2010
lundi 25 janvier 2010
Ce qu’en disent les Shadocks
samedi 23 janvier 2010
Disparaître
Si un beau jour je viens à disparaître, sachez que je n'attends pas particulièrement qu'on me recherche.
dimanche 17 janvier 2010
L’héroïsme du travailleur sachant profiter
Je vous passe les détails circonstanciels qui ont abouti à cet état de fait, à cet instant, mais toujours est-il que par un fortuit hasard, ce matin en émergeant d’en dessous ma couette, je n’avais toujours pas fais le travail que je m’étais promis de faire durant le weekend. Ne me demandez pas pourquoi, ou comment, c’est ainsi.
En fait, cette situation n’aurait rien eu de catastrophique si je n’avais certifié à mes collègues que le dossier « serait assurément achevé pour lundi, première heure, promis ! ». Bref, la misère. Je sais pourtant qu’il faut se garder une marge de manœuvre entre ce qu’on a l’intention de faire et ce qu’on annonce ! Eh oui, pour pouvoir pallier aux imprévus importuns tels que la flemme, l’oubli, ou la fainéantise… Enfin bref, le mal était fait, je me débrouillerai, mais j’achèverai ce travail en temps et en heure. C’est mon honneur qui était sur la sellette. « Parole donnée peut affermir le cœur chancelant » à dit Tolkien. Il n’avait pas complètement tort… même si la suite dit quelque-chose du genre « … ou le briser ».
La matinée est passée à une allure même pas imaginable, et avant même d’avoir songé à regarder l’heure, il était déjà 13H30. Là me suis-je dis, il va vraiment falloir s’y mettre. Comble de malchance, de dehors le soleil me faisait de l’œil. Ses rayons irradiaient ostensiblement le terne taudis que j’ose appeler mon logement. Fi du travail me suis-je dis, je ne puis m’éterniser en ces tristes lieux alors que le soleil et la liberté sont à portée de main, juste derrière cette vitre ! Je suis allé faire un « petit » tour dans le parc… Le tour s’est allongé en détours et en contours, presque à l’insu de mon plein gré. Bref, de retour chez moi, « je m’y mets immédiatement » !
Malheureusement, en dégageant un espace de travail, mon regard tomba sur un livre, presque achevé, mais à peine ! Misère, il était de mon devoir de le finir non ?!? D’autant qu’il m’était prêté, et les choses prêtées le sont pour être rendues ! Alors autant le finir ! Après une ombre d’hésitation pour le principe, je l’achevai, remettant à un moment plus propice la corvée du dossier à finir.
Je me suis fais un thé, histoire de profiter d’un parfait instant de détente. Cela fait, j’allumai mon ordinateur, fidele compagnon de labeur, dans le but bien évident de faire mon devoir… Après avoir jeté un rapide coup d’œil à l’avancement du dossier en question – pour vérifier si par hasard une intervention divine m’en épargnerait (?) – je tombai sans m’en rendre compte sur Facebook ! Raté pour le travail, ca sera une autre fois … Je me suis refais un autre thé, un en sachet cette fois, parce qu’il coute cher l’autre mine de rien ! Je méditais justement sur l’heure du thé, sur ces instants de détente qu’il faut savoir se ménager dans une vie, et sur la vanité de l’excès de travail. En sirotant mon thé, je regardai juste les premières minutes d’un film qu’on m’avait prêté. C’était le genre ou le héros refuse de prendre ses congés pour je ne sais quelle obscure raison – un monde à sauver, des martiens à éradiquer, ou encore une jolie jeune femme en détresse à délivrer…
Aux deux-tiers du film, j'ai pris conscience – alors que j'étais déjà sur le trottoir – que j’avais subitement pris la décision de ressortir du terne taudis cité précédemment. Ca faisait un moment que je n'étais pas allé faire un tour du coté du canal ! Il fallait remédier à ce manque sans tarder !!! Mes pas longèrent donc le canal, jusqu’au parc de la Villette, puis jusqu’aux anciens moulins de Pantin, puis firent demi-tour.
Tout en marchant, j’admire le couché de soleil sur la ville et ses immeubles. La journée va prendre fin. Je scrute le fond de ma conscience, afin d’y trouver une trace de remord, ou de quelque-chose s’apparentant à un scrupule de fuir ainsi mes responsabilité ! En vain. « J’essaie sans y parvenir d’éprouver un sentiment de culpabilité. J’examine mon âme, blanche comme neige. » (E Abbey) Alors je profite de l’instant. En rentrant chez moi, je me referai un autre thé, un bon repas, et puis on verra…
C’était une belle journée, et j’en ais bien profité !
Et demain, le dossier sera fait, quand bien même j’y passerai la nuit…
En fait, cette situation n’aurait rien eu de catastrophique si je n’avais certifié à mes collègues que le dossier « serait assurément achevé pour lundi, première heure, promis ! ». Bref, la misère. Je sais pourtant qu’il faut se garder une marge de manœuvre entre ce qu’on a l’intention de faire et ce qu’on annonce ! Eh oui, pour pouvoir pallier aux imprévus importuns tels que la flemme, l’oubli, ou la fainéantise… Enfin bref, le mal était fait, je me débrouillerai, mais j’achèverai ce travail en temps et en heure. C’est mon honneur qui était sur la sellette. « Parole donnée peut affermir le cœur chancelant » à dit Tolkien. Il n’avait pas complètement tort… même si la suite dit quelque-chose du genre « … ou le briser ».
La matinée est passée à une allure même pas imaginable, et avant même d’avoir songé à regarder l’heure, il était déjà 13H30. Là me suis-je dis, il va vraiment falloir s’y mettre. Comble de malchance, de dehors le soleil me faisait de l’œil. Ses rayons irradiaient ostensiblement le terne taudis que j’ose appeler mon logement. Fi du travail me suis-je dis, je ne puis m’éterniser en ces tristes lieux alors que le soleil et la liberté sont à portée de main, juste derrière cette vitre ! Je suis allé faire un « petit » tour dans le parc… Le tour s’est allongé en détours et en contours, presque à l’insu de mon plein gré. Bref, de retour chez moi, « je m’y mets immédiatement » !
Malheureusement, en dégageant un espace de travail, mon regard tomba sur un livre, presque achevé, mais à peine ! Misère, il était de mon devoir de le finir non ?!? D’autant qu’il m’était prêté, et les choses prêtées le sont pour être rendues ! Alors autant le finir ! Après une ombre d’hésitation pour le principe, je l’achevai, remettant à un moment plus propice la corvée du dossier à finir.
Je me suis fais un thé, histoire de profiter d’un parfait instant de détente. Cela fait, j’allumai mon ordinateur, fidele compagnon de labeur, dans le but bien évident de faire mon devoir… Après avoir jeté un rapide coup d’œil à l’avancement du dossier en question – pour vérifier si par hasard une intervention divine m’en épargnerait (?) – je tombai sans m’en rendre compte sur Facebook ! Raté pour le travail, ca sera une autre fois … Je me suis refais un autre thé, un en sachet cette fois, parce qu’il coute cher l’autre mine de rien ! Je méditais justement sur l’heure du thé, sur ces instants de détente qu’il faut savoir se ménager dans une vie, et sur la vanité de l’excès de travail. En sirotant mon thé, je regardai juste les premières minutes d’un film qu’on m’avait prêté. C’était le genre ou le héros refuse de prendre ses congés pour je ne sais quelle obscure raison – un monde à sauver, des martiens à éradiquer, ou encore une jolie jeune femme en détresse à délivrer…
Aux deux-tiers du film, j'ai pris conscience – alors que j'étais déjà sur le trottoir – que j’avais subitement pris la décision de ressortir du terne taudis cité précédemment. Ca faisait un moment que je n'étais pas allé faire un tour du coté du canal ! Il fallait remédier à ce manque sans tarder !!! Mes pas longèrent donc le canal, jusqu’au parc de la Villette, puis jusqu’aux anciens moulins de Pantin, puis firent demi-tour.
Tout en marchant, j’admire le couché de soleil sur la ville et ses immeubles. La journée va prendre fin. Je scrute le fond de ma conscience, afin d’y trouver une trace de remord, ou de quelque-chose s’apparentant à un scrupule de fuir ainsi mes responsabilité ! En vain. « J’essaie sans y parvenir d’éprouver un sentiment de culpabilité. J’examine mon âme, blanche comme neige. » (E Abbey) Alors je profite de l’instant. En rentrant chez moi, je me referai un autre thé, un bon repas, et puis on verra…
C’était une belle journée, et j’en ais bien profité !
Et demain, le dossier sera fait, quand bien même j’y passerai la nuit…
samedi 16 janvier 2010
Dans les recoins étranges
« Il existe, Nastenka, si vous ne le savez pas, des recoins assez étranges. Ces recoins, ne semblent pas visités par le même soleil qui brille pour tous autres gens ; non, c'est un soleil bizarre, tout nouveau, qu'on croirait fait exprès pour eux, qui vient y luire d'une lumière toute différente, particulière. Dans ces recoins, ma chère Nastenka, semble survivre une toute autre vie, très différente de celle qui bouillonne autour de nous, une de ces vies qu'on ne verrait que dans un royaume de conte, mais pas chez nous, à notre époque o combien sérieuse. Et cette vie est un mélange d'on ne sait quoi de purement fantastique, de violemment idéal avec quelque chose d'autre de morne, de prosaïque et d'ordinaire, pour ne pas dire : d'invraisemblablement vulgaire.
Ce que vous allez entendre, c'est que, dans ces recoins, vivent des gens étranges : les rêveurs. Le rêveur - s'il vous en faut une définition exacte - n'est pas un être humain, il est plutôt un être du genre neutre. Il loge de préférence dans les coins les plus inaccessibles, comme s'il cherchait à s'y cacher même de la lumière du jour et, une fois rentré chez lui, il s'incruste dans son coin, comme un bernard l'ermite, ou bien, à tout le moins, ressemble très fort de ce point de vue à cette animal passionnant qui est à la fois un animal et une maison et qu'on appelle une tortue. […]
Pourquoi cet homme comique, lorsqu’une de ses rares connaissances vient lui rendre visite (car il finit toujours par faire le vide autour de lui), pourquoi cet homme comique l’accueille-t-il avec tant de confusion, un visage si troublé, si changé qu’on pourrait croire qu’il vient juste de commettre un crime entre ses quatre murs ? »
(Dostoïevsky – Les Nuits blanches)
Ce que vous allez entendre, c'est que, dans ces recoins, vivent des gens étranges : les rêveurs. Le rêveur - s'il vous en faut une définition exacte - n'est pas un être humain, il est plutôt un être du genre neutre. Il loge de préférence dans les coins les plus inaccessibles, comme s'il cherchait à s'y cacher même de la lumière du jour et, une fois rentré chez lui, il s'incruste dans son coin, comme un bernard l'ermite, ou bien, à tout le moins, ressemble très fort de ce point de vue à cette animal passionnant qui est à la fois un animal et une maison et qu'on appelle une tortue. […]
Pourquoi cet homme comique, lorsqu’une de ses rares connaissances vient lui rendre visite (car il finit toujours par faire le vide autour de lui), pourquoi cet homme comique l’accueille-t-il avec tant de confusion, un visage si troublé, si changé qu’on pourrait croire qu’il vient juste de commettre un crime entre ses quatre murs ? »
(Dostoïevsky – Les Nuits blanches)
vendredi 15 janvier 2010
samedi 9 janvier 2010
mercredi 6 janvier 2010
Un rêve s'il vous plait… A consommer sur place.

Souvent au moment le plus improbable, les élucubrations délirantes de l’esprit font d’un instant quotidien, un instant hors du commun.
Le plus bel instant de la journée. Celui durant lequel on se surprend à concevoir des rêves lointains et imaginaires. Les envies y prennent vie, l’avenir semble simple, limpide. Cet instant qui fait paraitre tout les autres plus fades. Cet instant durant lequel tout parait possible, moment d’absolue confiance en soi, en l’avenir. Alors la fenêtre ne semble plus assez grande, les routes ne suffisent plus, et même l’horizon semble une frontière trop étroite. Seul le ciel semble pouvoir contenir cet instant.
Même cet instant prend fin. La peur de se décevoir se confronte alors à l’impatiente folie des rêves.
Le plus bel instant de la journée. Celui durant lequel on se surprend à concevoir des rêves lointains et imaginaires. Les envies y prennent vie, l’avenir semble simple, limpide. Cet instant qui fait paraitre tout les autres plus fades. Cet instant durant lequel tout parait possible, moment d’absolue confiance en soi, en l’avenir. Alors la fenêtre ne semble plus assez grande, les routes ne suffisent plus, et même l’horizon semble une frontière trop étroite. Seul le ciel semble pouvoir contenir cet instant.
Même cet instant prend fin. La peur de se décevoir se confronte alors à l’impatiente folie des rêves.
mardi 5 janvier 2010
lundi 4 janvier 2010
"Ce qui me tourmente, c'est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné." (Antoine de Saint-Exupery)
dimanche 27 décembre 2009
O me ! O life ! (Walt Whitman - leaves of grass, 1900)
O me! O life!... of the questions of these recurring;
Of the endless trains of the faithless - of cities fill’d with the foolish;
Of myself forever reproaching myself, (for who more foolish than I, and who more faithless?)
Of eyes that vainly crave the light - of the objects mean - of the struggle ever renew’d;
Of the poor results of all - of the plodding and sordid crowds I see around me;
Of the empty and useless years of the rest - with the rest me intertwined;
The question, O me! so sad, recurring - What good amid these, O me, O life?
esp
Answer.
esp
That you are here - that life exists, and identity;
That the powerful play goes on, and you will contribute a verse.
esp
esp
O la vie ! O moi !
esp
O la vie ! O moi ! Toutes les questions qui reviennent à leur propos,
L’interminable cortège des sans foi, les villes entières d’imbéciles,
Les reproches que je m’adresse à moi-même (y a-t-il plus imbécile que moi, y a-t-il plus dépourvu de foi ?)
Les yeux qui cherchent en vain la lumière, les objets médiocres, la lutte qui recommence toujours,
Ce médiocre résultat d’ensemble, les foules sordides et piétinantes que je vois autour de moi,
Le vide la vanité dans la vie des autres, moi aux autres entremêlé,
Et toujours la triste question qui n’en finit pas de revenir, ô moi – à quoi sert d’être au milieu de tout cela, ô la vie, ô moi ?
esp
Réponse.
esp
Au fait que tu es sur terre – au fait que la vie existe avec l’identité,
Au fait que la forte pièce théâtrale continue et que tu peux y apporter ta réplique.
Of the endless trains of the faithless - of cities fill’d with the foolish;
Of myself forever reproaching myself, (for who more foolish than I, and who more faithless?)
Of eyes that vainly crave the light - of the objects mean - of the struggle ever renew’d;
Of the poor results of all - of the plodding and sordid crowds I see around me;
Of the empty and useless years of the rest - with the rest me intertwined;
The question, O me! so sad, recurring - What good amid these, O me, O life?
esp
Answer.
esp
That you are here - that life exists, and identity;
That the powerful play goes on, and you will contribute a verse.
esp
esp
O la vie ! O moi !
esp
O la vie ! O moi ! Toutes les questions qui reviennent à leur propos,
L’interminable cortège des sans foi, les villes entières d’imbéciles,
Les reproches que je m’adresse à moi-même (y a-t-il plus imbécile que moi, y a-t-il plus dépourvu de foi ?)
Les yeux qui cherchent en vain la lumière, les objets médiocres, la lutte qui recommence toujours,
Ce médiocre résultat d’ensemble, les foules sordides et piétinantes que je vois autour de moi,
Le vide la vanité dans la vie des autres, moi aux autres entremêlé,
Et toujours la triste question qui n’en finit pas de revenir, ô moi – à quoi sert d’être au milieu de tout cela, ô la vie, ô moi ?
esp
Réponse.
esp
Au fait que tu es sur terre – au fait que la vie existe avec l’identité,
Au fait que la forte pièce théâtrale continue et que tu peux y apporter ta réplique.
mercredi 23 décembre 2009
mardi 22 décembre 2009
lundi 21 décembre 2009
samedi 19 décembre 2009
Je demande le splendide soleil silencieux
Je demande le splendide soleil silencieux dans l'éblouissement de tous ses rayons,
espace
Je demande un champ dont l'herbe jamais fauchée foisonne,
espace
Je demande la perfection des nuits sans bruit comme il y en a sur les hauts plateaux à l'ouest du Mississippi, je m'y vois regardant les étoiles,
espace
Je demande au lever du soleil un jardin de parfums émanant de magnifiques fleurs, où je puisse marcher en tout aise,
espace
Je demande la liberté de flûter à ma guise les notes de mes chansons au fond de ma retraite pour ma seule écoute,
espace
Je demande la solitude, je demande la nature...
espace
espace
(Walt Whitman - extrait de "Je demande le splendide soleil silencieux")
jeudi 17 décembre 2009
vendredi 4 décembre 2009
Des banales discussions météorologiques avec mes clients…

162ème commandement : « Tu ne commenteras pas la météo par dépit »
Les ambitions juvéniles et révolutionnaires sous l’impulsion desquelles on se fait de belles promesses à soi-même telles que ne jamais porter un jean slim, ne pas se surprendre avec bière et chips devant un match de foot, ne jamais user d’un parapluie même sous le pire des déluges, ou encore ne pas radoter sur la météo, finissent parfois aux oubliettes (pas toutes heureusement). Il y a des panneaux dans lesquels on tombe, sans même s’en apercevoir, et aussi surement que le beau temps vient après la pluie…
Tiens, la pluie, parlons en justement ! Qui, seul entre tous, peut prétendre n’avoir jamais fait ce genre de commentaire - certes à propos, mais ô combien banal - « Quel temps ! On sent que l’hiver arrive n’est-ce pas ?! », ou encore « vivement l’été ! ». Les plus poètes trouvent des énonciations qui sortent un peu du lot : « les hirondelles sont de retour ! », « après la pluie vient le beau temps »… mais le thème central reste éternellement le même. Combien de fois me suis-je promis de ne pas céder à la banale facilité de ce genre de conversation, et combien de fois ai-je glissé sur la pente jusqu’à échouer dans l’absurde piège. C’est un penchant naturel, une inclination qui nous pousse à regarder le ciel et à échanger avec nos semblables notre impuissance, traduite par des mots d’une banalité confondante mais irrépressible. Pas moyen d’y échapper. C’est une composante de l’âme humaine, quasi génétique, un jour ou l’autre, tous, nous commentons la météo, sans passion, certes, mais avec apparente conviction.
A notre décharge, il faut admettre que l’on ne peut avoir en permanence les neurones en ébullition, prêts à épiloguer sur le dernier prix Nobel, ou - mieux encore - à discourir sur le sens de la vie et sur les mystères de l’existence humaine ! Outre l’aspect passionnant de ce genre de débats, il faut reconnaître qu’avec la boulangère du coin, ou avec un client au boulot, ces sujets seraient quelque peu importuns - voir franchement maladroit - et risquent de nous faire passer à leurs yeux pour de prétentieux intellectuels déconnectés des réalités ordinaires. Et puis, au moins, la conversation météorologique est rarement source de désaccord ou de conflits - raison pour laquelle il est par exemple assez inconvenant de parler politique avec le premier quidam rencontré. Imparable météo donc, la conversation parfaite pourrions nous dire. On en revient donc éternellement à ce sentier battu et rebattu, qui, à l’usure, prend l’aspect si ennuyeux d’une autoroute navrante d’ennuis et de banalité… mais somme toute tellement facile.
Vivement le printemps.
Les ambitions juvéniles et révolutionnaires sous l’impulsion desquelles on se fait de belles promesses à soi-même telles que ne jamais porter un jean slim, ne pas se surprendre avec bière et chips devant un match de foot, ne jamais user d’un parapluie même sous le pire des déluges, ou encore ne pas radoter sur la météo, finissent parfois aux oubliettes (pas toutes heureusement). Il y a des panneaux dans lesquels on tombe, sans même s’en apercevoir, et aussi surement que le beau temps vient après la pluie…
Tiens, la pluie, parlons en justement ! Qui, seul entre tous, peut prétendre n’avoir jamais fait ce genre de commentaire - certes à propos, mais ô combien banal - « Quel temps ! On sent que l’hiver arrive n’est-ce pas ?! », ou encore « vivement l’été ! ». Les plus poètes trouvent des énonciations qui sortent un peu du lot : « les hirondelles sont de retour ! », « après la pluie vient le beau temps »… mais le thème central reste éternellement le même. Combien de fois me suis-je promis de ne pas céder à la banale facilité de ce genre de conversation, et combien de fois ai-je glissé sur la pente jusqu’à échouer dans l’absurde piège. C’est un penchant naturel, une inclination qui nous pousse à regarder le ciel et à échanger avec nos semblables notre impuissance, traduite par des mots d’une banalité confondante mais irrépressible. Pas moyen d’y échapper. C’est une composante de l’âme humaine, quasi génétique, un jour ou l’autre, tous, nous commentons la météo, sans passion, certes, mais avec apparente conviction.
A notre décharge, il faut admettre que l’on ne peut avoir en permanence les neurones en ébullition, prêts à épiloguer sur le dernier prix Nobel, ou - mieux encore - à discourir sur le sens de la vie et sur les mystères de l’existence humaine ! Outre l’aspect passionnant de ce genre de débats, il faut reconnaître qu’avec la boulangère du coin, ou avec un client au boulot, ces sujets seraient quelque peu importuns - voir franchement maladroit - et risquent de nous faire passer à leurs yeux pour de prétentieux intellectuels déconnectés des réalités ordinaires. Et puis, au moins, la conversation météorologique est rarement source de désaccord ou de conflits - raison pour laquelle il est par exemple assez inconvenant de parler politique avec le premier quidam rencontré. Imparable météo donc, la conversation parfaite pourrions nous dire. On en revient donc éternellement à ce sentier battu et rebattu, qui, à l’usure, prend l’aspect si ennuyeux d’une autoroute navrante d’ennuis et de banalité… mais somme toute tellement facile.
Vivement le printemps.
mardi 10 novembre 2009
Quand le vent des beaux discours ne fait plus frémir mes voiles.
« Les discours dans notre culture sont du vent avec lequel nous remplissons du vide. » (John Kenneth Galbraith)
C’était une belle matinée de novembre d’une journée qui - pourtant - commençait bien. Je m’étais endormi la veille en écoutant un quelconque intervenant radiophonique qui nous servait de la chute d’idéologie, de la déception réaliste, et du nostalgisme léniniste… Un sordide ennui certes – merci France Culture -, mais plutôt émouvant. La courte nuit entrecoupée d’insomnies intempestives s’est terminée – du moins aurait-elle due – par un réveil qui, rebelle, a refusé de jouer le rôle pour lequel il est pourtant préposé. Ce monstre habituellement tant redouté n’a pas sonné ce matin. Super. Juste le jour où je pars avec le big boss en chef général de l’honorable société qui m’emploie (si mon chef lit ce blog, je préfère passer sous silence mes ardeurs de franchise).
Et puis donc, me voici là, par hasard, entre des étudiants, lycéens (qui semblent rajeunirent chaque année davantage), des profs, et surtout, surtout, une foule de quadragénaires en chemise bien cirée et pompes bien repassées, et des mines affreusement ennuyées/antes. Une « rencontre technique » organisée par le conseil général de Seine-Saint-Denis, réunissant professionnels du paysage, organismes de formation, élus… Le thème, dans sa simple formulation aurait dut me mettre le doute quant à l’intérêt réel que je pouvais y espérer : « Gestion durable des espaces verts : quelles pratiques pour des espaces verts durables en Seine-Saint-Denis ? ». Je prends mon courage à une main, de l’autre mon bloc note. Je houspille un peu l’envie d’évasion qui semble m’envahir subitement – « allez Quentin, on se motive, avec un peu de chance, ça te servira pour ton mémoire ! » - en vain. A cet instant, en pensant à mon lit, je comprends les marins qui, dans la tempête, pensent à leur famille, ou rêvent d’un simple café en terrasse. Tel encore un geek faisant chauffé sa pizza dans la cuisine alors que le Mac est dans le salon, je réfrène impitoyablement mon envie de fuir - soyons raisonnable.
Hagard, je suis la foule après avoir serré une bonne trentaine de main – celles des sinistres costumés principalement - en servant l’habituel « Bonjour, Quentin, de la société P. E., … enchanté ».
Et puis les hostilités ont débutées. Je me suis crus au festival intergénérationnel de la cravate et du discours inutile et bien-pensant. Nous avons eu le droit à un assortiment de toutes les banalités clichéistes imaginables, un cocktail bien secoué d’écologie, respect, tolérance, vie, humanisme, activisme, morale, évolutionnisme, socialisme, valeur, anti-extrémisme… et j’en passe. Tout ces discours prétendument révolutionnaires chantés sur les accords de « on va changer le monde ensemble (en tout cas on en parle, à défaut de l’envisager) » m’ont écœurés au plus haut point. Le quel d’entre vous délaisserait sa belle Mercedes noire - ordinateur de bord intégré, intérieur cuir, ABS et contrôle directionnel - juste par amour de la fougère, du couché de soleil, ou de l’écureuil ??? La crédibilité que m’inspirent vos narcissiques platitudes n’égale même pas celle d’un projet d’unité au sein du parti socialiste. Entre les intervenants, un triste concours faisait rage : chacun semblait vouloir prouver sa valeur par l’étalage d’idées admises nobles, de mots émouvants (à nombreuses syllabes de préférence), et de syntaxe ayant la prétention de faire vibrer l’auditoire. Même le ton et la conviction - la foi devrais-je dire - y était. Je donne la palme à cet ivrogne littéraire qui nous a offert une petite référence (mal à propos) aux deux premiers chapitres de la Genèse.
En les écoutant, j’ai pensé deux minutes que, après réflexion, une guerre nucléaire n’aurait peut-être pas fait que du mal à l’humanité ! J’ai eu des visions de massacres, de génocides, d’espèce humaine en voie d’extinction, de charters géants s’éloignant vers le néant intersidéral …
Je suis fatigué… Si ça continue, j’érige un mur…
C’était une belle matinée de novembre d’une journée qui - pourtant - commençait bien. Je m’étais endormi la veille en écoutant un quelconque intervenant radiophonique qui nous servait de la chute d’idéologie, de la déception réaliste, et du nostalgisme léniniste… Un sordide ennui certes – merci France Culture -, mais plutôt émouvant. La courte nuit entrecoupée d’insomnies intempestives s’est terminée – du moins aurait-elle due – par un réveil qui, rebelle, a refusé de jouer le rôle pour lequel il est pourtant préposé. Ce monstre habituellement tant redouté n’a pas sonné ce matin. Super. Juste le jour où je pars avec le big boss en chef général de l’honorable société qui m’emploie (si mon chef lit ce blog, je préfère passer sous silence mes ardeurs de franchise).
Et puis donc, me voici là, par hasard, entre des étudiants, lycéens (qui semblent rajeunirent chaque année davantage), des profs, et surtout, surtout, une foule de quadragénaires en chemise bien cirée et pompes bien repassées, et des mines affreusement ennuyées/antes. Une « rencontre technique » organisée par le conseil général de Seine-Saint-Denis, réunissant professionnels du paysage, organismes de formation, élus… Le thème, dans sa simple formulation aurait dut me mettre le doute quant à l’intérêt réel que je pouvais y espérer : « Gestion durable des espaces verts : quelles pratiques pour des espaces verts durables en Seine-Saint-Denis ? ». Je prends mon courage à une main, de l’autre mon bloc note. Je houspille un peu l’envie d’évasion qui semble m’envahir subitement – « allez Quentin, on se motive, avec un peu de chance, ça te servira pour ton mémoire ! » - en vain. A cet instant, en pensant à mon lit, je comprends les marins qui, dans la tempête, pensent à leur famille, ou rêvent d’un simple café en terrasse. Tel encore un geek faisant chauffé sa pizza dans la cuisine alors que le Mac est dans le salon, je réfrène impitoyablement mon envie de fuir - soyons raisonnable.
Hagard, je suis la foule après avoir serré une bonne trentaine de main – celles des sinistres costumés principalement - en servant l’habituel « Bonjour, Quentin, de la société P. E., … enchanté ».
Et puis les hostilités ont débutées. Je me suis crus au festival intergénérationnel de la cravate et du discours inutile et bien-pensant. Nous avons eu le droit à un assortiment de toutes les banalités clichéistes imaginables, un cocktail bien secoué d’écologie, respect, tolérance, vie, humanisme, activisme, morale, évolutionnisme, socialisme, valeur, anti-extrémisme… et j’en passe. Tout ces discours prétendument révolutionnaires chantés sur les accords de « on va changer le monde ensemble (en tout cas on en parle, à défaut de l’envisager) » m’ont écœurés au plus haut point. Le quel d’entre vous délaisserait sa belle Mercedes noire - ordinateur de bord intégré, intérieur cuir, ABS et contrôle directionnel - juste par amour de la fougère, du couché de soleil, ou de l’écureuil ??? La crédibilité que m’inspirent vos narcissiques platitudes n’égale même pas celle d’un projet d’unité au sein du parti socialiste. Entre les intervenants, un triste concours faisait rage : chacun semblait vouloir prouver sa valeur par l’étalage d’idées admises nobles, de mots émouvants (à nombreuses syllabes de préférence), et de syntaxe ayant la prétention de faire vibrer l’auditoire. Même le ton et la conviction - la foi devrais-je dire - y était. Je donne la palme à cet ivrogne littéraire qui nous a offert une petite référence (mal à propos) aux deux premiers chapitres de la Genèse.
En les écoutant, j’ai pensé deux minutes que, après réflexion, une guerre nucléaire n’aurait peut-être pas fait que du mal à l’humanité ! J’ai eu des visions de massacres, de génocides, d’espèce humaine en voie d’extinction, de charters géants s’éloignant vers le néant intersidéral …
Je suis fatigué… Si ça continue, j’érige un mur…
dimanche 8 novembre 2009
De la relativité de ma confiance envers la science... et de l’hypothèse d’une Terre pas si ronde que ça.

« Soleil levant ? Le soleil ne se lève pas corrige l’homme à l’esprit littéral, c’est au contraire la Terre qui tourne. Ah oui, vraiment ? Qu’est ce que cette assertion sinon une inférence elle-même fondée sur une chaine d’inférences reliées entre elles par toute une série de calcul astronomiques produits par inférence ? Hein ? Dites-moi, ô gourou copernicien, qui dans la race humaine a déjà pu observer le système solaire (si système il y a) avec suffisamment de recul pour voir, de ses yeux voir, par perception directe et non médiée, la Terre tourner, les planètes effectuer leur révolution, autour de cette boule en feu particulière que les hommes appellent … « Soleil » ? Cite moi un nom, un seul.
L’essentiel de ce que nous appelons science est ainsi : une connaissance vérifiée mais inférentielle, fondée sur des axiomes indémontrables. « Si ceci, alors cela… »Un conte vraisemblable. Probablement vrai. Mais en aucune manière certain […]. Je vois le soleil se lever chaque matin ; je n’ai jamais vu la Terre tourner. Je n’accepte donc pas les doctrines de la science comme parole d’évangile et serais un idiot si je le faisais. Pourquoi trahir le bon sens au profit d’une théorie, d’un culte ou d’une doctrine quels qu’ils soient ? Pourquoi nier la vérité de l’expérience de vivre par simple allégeance à quelques corpus de doctrine ésotérique, aussi complexe, cohérent et conclusif qu’il puisse paraitre ?
Donc je le répète, le Soleil se lève. […] Je ne l’ai jamais vu manquer à l’appel. Je lance cette vérité dans les dents d’Aristarque, Copernic, Galilée, Laplace, Newton (prends en pour ta pomme) et de tous leurs disciples dévoués […]. A quoi sert de nous débarrasser de l’oligarchie intellectuelle strictement hiérarchisé de la pensée judéo-chrétienne si c’est pour accepter veulement qu’une autre idéologie […] prenne sa place ? » (Edward Abbey, Un Fou ordinaire)
***
« La Terre tourne sur elle-même, et tourne autour du soleil ». Qui y croit ? Tout le monde. Qui le sait ? Personne (ou si peu). Cette certitude que nous croyons posséder est basée sur la confiance que nous vouons aux scientifiques et à ce qu’ils nous présentent comme étant des preuves de cette affirmation.
Or, on ne rappellera jamais assez que toute science sans exception se base sur des axiomes, voir des postulats, plus ou moins contestable et arbitraires.
En ce qui me concerne, la rotation de la Terre autour du Soleil me parait probable, mais je m’étonne beaucoup face à tous ceux qui croient aveuglement ce que la science impose comme vérité, qui ont plus de facilité à admettre ce qu’ils ne voient pas lorsqu’un scientifique l’affirme que lorsqu’un quelconque quidam l’affirme… tout en osant revendiquer un agnostisme et un rationalisme digne de Saint Thomas. Nous ne sommes pas sortis de l’obscurantisme… La bure à fait place à la blouse blanche. Les églises sont nos écoles et nos amphis, tandis que les monastères sont les laboratoires de recherches. Les prophètes ont fait place aux Darwin, Copernic, Chargaff, Newton ... et les foules qui vouent une foi sans réserve sont plus nombreuses que jamais.
***
Il y a quelques millénaires, la Terre était plate. Elle l’était puisque tout le monde y croyait aussi fermement que vous et moi croyons qu'elle est ronde ! Je me permets de faire l’hypothèse selon laquelle les humains de l’époque (pas plus bêtes que nous) ont dut se poser quelques questions avant de croire à une pareille chose. Quelques scientifiques de l’époque ont du mettre en place des protocoles expérimentaux. Je les imagine parcourir le vaste monde en observant l’inclinaison, au repos, de l’eau : toujours horizontale et parallèle à la ligne d’horizon ! Et puis si par hasard la Terre était cubique ou sphérique, ceux d’en dessous devrait nécessairement tomber, comme la Pomme de ce brave Isaac. Eh oui, n’avez-vous pas entendu parler de la gravité ?!? Enfin bref, la planéité de la Terre était alors une vérité incontestable, car scientifiquement prouvée.
Alors on peut se dire : "moi, à leur place, j'aurais fait preuve d'un peu plus de lucidité, et d'un scepticisme comme il se doit !"... ouais... Je me permets d'en douter (ce qui n'engage que moi).
Si demain, on me démontre que 2+2=5, je vais immédiatement chercher l’erreur de raisonnement, je vais remettre en doute chaque inférence, chaque logique. Si je ne trouve pas d’erreur dans le raisonnement, je conclurai que je n’ai pas trouvé l’erreur, mais serai incapable d’admettre la véracité d’un tel calcul tant celui-ci me parait improbable. En réalité donc, je vois ce que je veux voir et suis véritablement aveugle à tout autre chose.
En termes de savoirs, ma « vérité », même acquise au moyen du plus pur et absolu rationalisme, n’est donc qu’une croyance, en rien une réalité absolue et incontestable. L’objectivisme parfait n’existe pas.
mercredi 4 novembre 2009
Châteaux dans les nuages
mardi 3 novembre 2009
Quand je reviendrai...

« "Ferris, arrêtes ta voiture. Retournons."
Pour toute réponse, il appuie sur l'accélérateur. "Non, dit-il, tu as un train à prendre." Et comme il me voit tendre le cou en arrière pour regarder, "Ne t'en fais pas. Tout sera encore là le printemps prochain."
Le soleil se couche. De nouveau, je regarde la route. Nous allumons nos cigares d'après-diner. Maintenir vivante la flamme. La voiture file à travers un monde qui se dissout dans la neige et la nuit.
Oui, j'accepte, voila qui est bien penser et il vaut mieux qu'il en soit ainsi. [...] Le désert sera là au printemps. Et voici une autre pensée. Quand je reviendrai, est-ce que ce sera pareil ? Est-ce que je serai le même ? Est-ce que tout sera tout à fait pareil ? Si je reviens. »
(Edward Abbey, Désert solitaire)
Pour toute réponse, il appuie sur l'accélérateur. "Non, dit-il, tu as un train à prendre." Et comme il me voit tendre le cou en arrière pour regarder, "Ne t'en fais pas. Tout sera encore là le printemps prochain."
Le soleil se couche. De nouveau, je regarde la route. Nous allumons nos cigares d'après-diner. Maintenir vivante la flamme. La voiture file à travers un monde qui se dissout dans la neige et la nuit.
Oui, j'accepte, voila qui est bien penser et il vaut mieux qu'il en soit ainsi. [...] Le désert sera là au printemps. Et voici une autre pensée. Quand je reviendrai, est-ce que ce sera pareil ? Est-ce que je serai le même ? Est-ce que tout sera tout à fait pareil ? Si je reviens. »
(Edward Abbey, Désert solitaire)
vendredi 23 octobre 2009
mercredi 21 octobre 2009
If anything can go wrong, it will
La loi de Finagle, ou loi du pessimisme, affirme que tout événement ayant la moindre possibilité de tourner mal le fera un jour. Plus extrémiste encore, Murphy s’affranchi des probabilités pour affirmer que “If anything can go wrong, it will”. Cette loi de Murphy peut être corréler avec la théorie de l’ « emmerdement maximal », ou encore la théorie de la tartine beurrée :
“I never had a slice of bread,
Particularly large and wide,
That did not fall upon the floor,
And always on the buttered side.”
(Thomas Moore)
(Je m’abstiendrai d’évoquer le paradoxe de la lévitation félino-tartinique, contradiction certes captivante, mais hors de mon présent propos, d’autant que sa complexité réside sur des champs d’études qui me sont inconnus, rapprochant l’aérodynamisme du chat et la densité sectoriel des molécules de beurre.)
Cette loi de Murphy, ainsi que celle de la tartine beurrée, sont avérées et absolues… aussi certaines que la non-planéité de notre planète (sujet à propos duquel je reviendrais peut-être bientôt, si je surmonte ma crainte de perdre toutes crédibilités). J’adapterai ces théories en affirmant que s'il existe au minimum deux façons de faire quelque chose, et que la résultante d’au moins l’une de ces façons est catastrophique, il se trouvera inévitablement quelqu'un quelque part pour choisir la mauvaise façon.
Je suis celui-là.
Sans vouloir attribuer à la fatalité ce qui peut être mis au compte de ma bêtise, de mon inattention ou de « gaffes », je suis pourtant contraint de reconnaitre que les aléas du hasard jouent en ma défaveur ; parfois même au travers de coïncidences dont l’improbabilité n’a d’égal que le désastre de sa conséquence, précisément au moment inopportun. Conscient de cela, je me fais fort d’anticiper les aléas potentiels, de prévoir l’imprévisible, et de voir venir de loin les malheureuses catastrophes … Mais j’échoue constamment.
“I never had a slice of bread,
Particularly large and wide,
That did not fall upon the floor,
And always on the buttered side.”
(Thomas Moore)
(Je m’abstiendrai d’évoquer le paradoxe de la lévitation félino-tartinique, contradiction certes captivante, mais hors de mon présent propos, d’autant que sa complexité réside sur des champs d’études qui me sont inconnus, rapprochant l’aérodynamisme du chat et la densité sectoriel des molécules de beurre.)
Cette loi de Murphy, ainsi que celle de la tartine beurrée, sont avérées et absolues… aussi certaines que la non-planéité de notre planète (sujet à propos duquel je reviendrais peut-être bientôt, si je surmonte ma crainte de perdre toutes crédibilités). J’adapterai ces théories en affirmant que s'il existe au minimum deux façons de faire quelque chose, et que la résultante d’au moins l’une de ces façons est catastrophique, il se trouvera inévitablement quelqu'un quelque part pour choisir la mauvaise façon.
Je suis celui-là.
Sans vouloir attribuer à la fatalité ce qui peut être mis au compte de ma bêtise, de mon inattention ou de « gaffes », je suis pourtant contraint de reconnaitre que les aléas du hasard jouent en ma défaveur ; parfois même au travers de coïncidences dont l’improbabilité n’a d’égal que le désastre de sa conséquence, précisément au moment inopportun. Conscient de cela, je me fais fort d’anticiper les aléas potentiels, de prévoir l’imprévisible, et de voir venir de loin les malheureuses catastrophes … Mais j’échoue constamment.
mardi 20 octobre 2009
Quand Facebook est une arène dans laquelle j'hésite à m'aventurer encore !
Je m’autorise une certaine indignation, face aux messages querelleurs et belliqueux inhérents à ce forum social nommé « Facebook », par ailleurs fort sympathique et dans les méandres duquel j’aime à m’attarder parfois, mais dont certains membres m’insupportent cordialement ces derniers jours !!!
Loin de moi l'idée d'évoquer votre droit d’expression, droit à propos duquel je vous reconnais une parfaite liberté et dont, pour tout dire, je me contrefiche royalement. Quant à la jouissance que vous procure la publication de commentaires désobligeants, je dois malgré tout admettre un consternant effarement.
N’avons nous pas d'autres sujets sur lesquels converser vous et moi ?!? Pourtant, il me semblait que ce coin du web favorable aux rencontres, converses, et autres retrouvailles, respirait la bonne humeur, la joviale gaité !?! Je m’en veux de mon fourvoiement divagatoire si ce n’est le cas !!! Je vais finir par le quitter (je bluff là, faut pas croire), à regret, et avec quelques larmes, je dois l’admettre, uniquement pour ne plus apercevoir d'agressions intempestives nuisant au bon morale des troupes (enfin, de moi en réalité).
Loin de moi l'idée d'évoquer votre droit d’expression, droit à propos duquel je vous reconnais une parfaite liberté et dont, pour tout dire, je me contrefiche royalement. Quant à la jouissance que vous procure la publication de commentaires désobligeants, je dois malgré tout admettre un consternant effarement.
N’avons nous pas d'autres sujets sur lesquels converser vous et moi ?!? Pourtant, il me semblait que ce coin du web favorable aux rencontres, converses, et autres retrouvailles, respirait la bonne humeur, la joviale gaité !?! Je m’en veux de mon fourvoiement divagatoire si ce n’est le cas !!! Je vais finir par le quitter (je bluff là, faut pas croire), à regret, et avec quelques larmes, je dois l’admettre, uniquement pour ne plus apercevoir d'agressions intempestives nuisant au bon morale des troupes (enfin, de moi en réalité).
***
J'ai faillis publier ca sur le Facebook en question, mais ai réalisé à temps l'incohérence de la démarche…
lundi 19 octobre 2009
Illusion d'un parfait bazar

C’est le bazar. Autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, c’est un bazar monumental. Le genre avec les idées aux quatre coins du cerveau, anarchiquement éparpillées dans les recoins du cranes, et mes pauvres synapses qui s’emmêlent et s’épuisent à essayer de faire le lien entre les contradictions, les incohérences, les absurdités. Parfois, y’a même l’hémisphère droit qui fait des blagues à l’hémisphère gauche, allez savoir pourquoi…
*
Je crois que si je pouvais être, l’espace d’un instant, un observateur extérieur à moi-même, je serai tordu d’hilarité ou effondré de dépit – plus probablement un savant mélange des deux.
*
Mais j’ai trouvé un remède absolu, un genre de panacée universel et infaillible : un casque sur les oreilles, et une musique du genre… bourrin, à fond les décibels. Ca inhibe toute capacité de réflexion, stoppant ainsi les élucubrations du cerveau, noyé dans le bruit. Vous ajoutez une petite marche nocturne sous les étoiles (… ou les lampadaires, c’est selon) et une place dans un métro qui ne va nul-part, et vous n’êtes plus très loin de l’illusion du bien-être parfait !
samedi 3 octobre 2009
A la mémoire d'Erostrate
Connaissez-vous Erostrate ? Si ce n’est pas le cas, un petit rappel : nous sommes en 356 avant JC. Cet homme de la Grèce antique aurait (je mets au conditionnel car je ne porte pas un crédit absolu aux affirmations des historiens) allumé l’incendie qui réduisit en cendre le somptueux temple d’Artémis d’Ephèse, dans l’espoir d’immortaliser son nom. Il souhaitait plus que tout que les générations futures se souviennent de lui. Les juges de l’époque l’auraient puni en interdisant à quiconque de citer son nom, afin qu’il soit oublié. Il aurait du rester inconnu pour toujours. Parallèlement à cette condamnation, Erostrate fut accessoirement exécuté, cela va de soi.
Alors voila, je vous incite à avoir une petite pensée pour lui, de temps à autre, au hasard des vagabondages de votre esprit.
Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Peut-être par plaisir d’aller à l’encontre d’une justice, d’un système qui prétend dicter la pensée de tous. Peut être pour que ce temple qui était certainement remarquable, n’ait pas brulé pour rien. Son geste était absurde, mais mémorable dans l’intention qui l’y a poussé, intention plus absurde encore que l’acte lui-même.
Rappelez vous d'Erostrate.
vendredi 2 octobre 2009
Et vivre ces saisons lointaines.
J’aimerai voir ces gais printemps qui fleurissent les landes infinies, dans lesquelles les papillons, saouls de tant de soleil et tant de vie, ignorent ma présence, et ne pensent à rien si ce n’est à la joie.
J’aimerai voir ces étés durant lesquels le soleil froid et bleu ne dort jamais, la fraicheur du vent dans mon dos, la vivifiante chaleur de la lumière glissant sur mon visage.
J’aimerai voir ces automnes pluvieux et nostalgiques, colorant les forets sans fin d’innombrables couleurs contrastant avec la grisaille du ciel, la noirceur des nuages, et la violence du vent dans mes cheveux.
J’aimerai voir ces hiver blancs, froids, immobiles et sans vie, le son de mes pas dans la neige, et l’écho de mes chants, montant pur jusqu’aux étoiles.
J’aimerai voir ces étés durant lesquels le soleil froid et bleu ne dort jamais, la fraicheur du vent dans mon dos, la vivifiante chaleur de la lumière glissant sur mon visage.
J’aimerai voir ces automnes pluvieux et nostalgiques, colorant les forets sans fin d’innombrables couleurs contrastant avec la grisaille du ciel, la noirceur des nuages, et la violence du vent dans mes cheveux.
J’aimerai voir ces hiver blancs, froids, immobiles et sans vie, le son de mes pas dans la neige, et l’écho de mes chants, montant pur jusqu’aux étoiles.
jeudi 1 octobre 2009
mercredi 30 septembre 2009
Dans la lune...

Mais… chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Travailler sans soucis de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Travailler sans soucis de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !
(Estrait de Cyrano, Edmond Rostand)
mardi 29 septembre 2009
Mon rêve familier
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - je l'ignore.
Son nom? je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
(Mon rêve familier, Verlaine)
Un petit peu de romantisme, après un weekend de mariage...
lundi 28 septembre 2009
Un air de mélancolie

Une fois n'est pas coutume, un petit lien vers l'exterieur :
http://manior.blogspot.com/2009/09/un-air-de-melancolie.html
... le blog de Manior (mon frère), parce que c'est beau d'habitude,
Tout est biodégradable...
Que le temps vienne où les coeurs s'éprennent.
vendredi 25 septembre 2009
lundi 14 septembre 2009
lundi 7 septembre 2009
dimanche 6 septembre 2009
Beauté
"Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l'âme se repend comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps."
samedi 5 septembre 2009
jeudi 3 septembre 2009
mercredi 2 septembre 2009
Est ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?
Le soir, au coin du feu, j’ai pensé bien des fois,A la mort d’un oiseau, quelque part, dans les bois,
Pendant les tristes jours de l’hiver monotone
Les pauvres nids déserts, les nids qu’on abandonne,
Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l’hiver !
Pourtant lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes.
Dans le gazon d’avril où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?
François Coppée, La mort des oiseaux
mardi 1 septembre 2009
Souvenirs...
lundi 31 août 2009
samedi 29 août 2009
Etre et demeurer différent
vendredi 28 août 2009
jeudi 23 juillet 2009
vendredi 17 juillet 2009
Médina
La vieille ville, 40° à l'ombre, un soleil écrasant, la chaleur illumine tout. Qu'est ce qui peut pousser des stagiaires français à venir faire leur stage ici ??? Je mes à profit quelques croquis faits pour l'analyse paysagère. Dès que je les aurais finis, j'en publierais un de la nouvelle ville, puis des quartiers périphériques. Je suis désolé, je n'ai pas encore vu les montagnes, alors pour les croquis de paysages paradisiaquement-beaux-ensoleillés-et-naturels, il faudra attendre un peu. D'ailleurs, j'en ai marre de la ville!!! Ce n'est pas ça que je suis venu voir !
mercredi 15 juillet 2009
Vacances ou stage ?
Bon, c'est vrai que j'exagère un peu, mais pas de beaucoup !
J'ai le corps recouvert de 172 boutons de moustiques. J'aime les animaux. Si Si, même ceux que j'ai cruellement broyer entre ma sandale et le mur de ma chambre.
A part ça, je joins une belle photographie de nous avec Tijani, un collègue de boulot Marocain. Désolé pour le cadrage et l'éclairage qui laissent à désirer. Derrière, la Renault 4, c'est notre moyen de locomotion.
lundi 13 juillet 2009
Mariage marocain ?
15 jours que je suis à Fès, un petit bilan rétrospectif s'impose.
D'abord, la bonne nouvelle, c'est que si je voulais passer ma vie ici, je n'aurais pas beaucoup d'efforts à faire. Un voisin marocain me parle de sa fille en permanence, et me dis en résumé que c'est quelqu'un comme moi qu'il faudrait pour la marier ! (je suis flatté ! si si, sérieusement !) En gros, le message à peine caché, c'est que je n'ai qu'à lever le petit doigt pour me marier avec sa fille (que je n'ai d'ailleurs jamais vu, mais est-ce réellement important ?). Par ailleurs, j'ai également rencontré un professeur de l'université des sciences qui lui non plus ne tari pas d'éloges sur sa fille, et qui nous a invité (moi et mes deux collègues) à venir manger un couscous chez lui dans les prochains jours.
A coté de cela, la mauvaise nouvelle, c'est que malgré les très bons cotés que je reconnais à cette ville, à ce pays et à cette culture, je ne me vois absolument pas passer ici le restant de mes jours. J'aime beaucoup cette ville, j'aime beaucoup les marocains, mais jamais je ne pourrais m'y sentir chez moi (ne serait-ce que pour le climat). Alors tant pis, je renonce douloureusement aux avances qui me sont faites, et j'envisage à regret (ou pas) un retour dans mon pays natal dans 6 semaines maintenant.
Enfin, je dis cela, mais j'ai déjà les idées bien plus au Nord, dans ces pays ou les températures estivales ne sont que la moitié de ce qu'elles sont ici : en Scandinavie. Je pense déjà à la semaine que je vais passé là-bas fin août. En attendant, je bronze de plus en plus, et mon apparence se rapproche de plus en plus de celle d'une merguez d'agneau hallal grillée au feu de bois.
Je commence néanmoins à me sentir très à l'aise ici, je sais même comment répondre EN ARABE pour envoyer balader des commerçants top agressifs, des mendiants trop insistants, des enfants trop collants ! Y'a pas a dire, ça a carrément plus d'impact que lorsque je bafouillais trois mots d'excuses en français du genre "je ne suis pas intéressé, merci. Excusez moi d'avoir osé vous laisser espérer un instant par la passivité de mon attitude, que peut-être vous aviez trouvé un pigeons pour vous acheter ce magnifique sabre mauresque en plastique doré made in Taiwan !".
Enfin, je profite beaucoup, et pas un instant, je regrette d'être là.
D'abord, la bonne nouvelle, c'est que si je voulais passer ma vie ici, je n'aurais pas beaucoup d'efforts à faire. Un voisin marocain me parle de sa fille en permanence, et me dis en résumé que c'est quelqu'un comme moi qu'il faudrait pour la marier ! (je suis flatté ! si si, sérieusement !) En gros, le message à peine caché, c'est que je n'ai qu'à lever le petit doigt pour me marier avec sa fille (que je n'ai d'ailleurs jamais vu, mais est-ce réellement important ?). Par ailleurs, j'ai également rencontré un professeur de l'université des sciences qui lui non plus ne tari pas d'éloges sur sa fille, et qui nous a invité (moi et mes deux collègues) à venir manger un couscous chez lui dans les prochains jours.
A coté de cela, la mauvaise nouvelle, c'est que malgré les très bons cotés que je reconnais à cette ville, à ce pays et à cette culture, je ne me vois absolument pas passer ici le restant de mes jours. J'aime beaucoup cette ville, j'aime beaucoup les marocains, mais jamais je ne pourrais m'y sentir chez moi (ne serait-ce que pour le climat). Alors tant pis, je renonce douloureusement aux avances qui me sont faites, et j'envisage à regret (ou pas) un retour dans mon pays natal dans 6 semaines maintenant.
Enfin, je dis cela, mais j'ai déjà les idées bien plus au Nord, dans ces pays ou les températures estivales ne sont que la moitié de ce qu'elles sont ici : en Scandinavie. Je pense déjà à la semaine que je vais passé là-bas fin août. En attendant, je bronze de plus en plus, et mon apparence se rapproche de plus en plus de celle d'une merguez d'agneau hallal grillée au feu de bois.
Je commence néanmoins à me sentir très à l'aise ici, je sais même comment répondre EN ARABE pour envoyer balader des commerçants top agressifs, des mendiants trop insistants, des enfants trop collants ! Y'a pas a dire, ça a carrément plus d'impact que lorsque je bafouillais trois mots d'excuses en français du genre "je ne suis pas intéressé, merci. Excusez moi d'avoir osé vous laisser espérer un instant par la passivité de mon attitude, que peut-être vous aviez trouvé un pigeons pour vous acheter ce magnifique sabre mauresque en plastique doré made in Taiwan !".
Enfin, je profite beaucoup, et pas un instant, je regrette d'être là.
mercredi 1 juillet 2009
mardi 30 juin 2009
Lundi 29 juin :
Ca y est, j’ai enfin gouté à l’accueil chaleureux, à l’ouverture et à la générosité des marocains. Ca fait vraiment super plaisir. Ca procure une sorte de chaleur intérieure à laquelle je ne m’attendais pas. En même temps, je trouve cela un peu dangereux. Face à une telle attitude, je me sens extrêmement redevable envers eux. Je leurs suis redevable de m’accueillir ainsi, alors que je ne suis rien pour eux, redevable de recevoir d’eux alors que je leur apporte si peu ! Je crois que si ca continue comme cela, j’aurais une dette énorme envers eux en partant d’ici. Je crois que je commence à vraiment aimer la population marocaine. Il m’aura fallu 4 jours.
L’adjoint responsable du SEV et le directeur du parc que nous avons visité semble être reconnaissants envers la France pour ce que le protectorat a fait jusqu’en 1954. Il n’y a pas l’air d’exister de souffrance réelle à ce sujet comme il peut y en avoir de la part des Algériens. Je comprends aisément cela en raison des deux façons différentes de s’affranchir du colonialisme. Ca s’est fait dans la paix au Maroc. En Algérie, ce fut un peu différent.
Comme je l’ai dis antérieurement, la vie est réellement plus complexe à 3 que ce qu’elle était à deux. Des tensions sont latentes, alors qu’il n’y a que 2 jours que nous sommes ensembles. Des tensions à propos de choses insignifiantes telles que la nourriture (« La vache qui rit revient plus cher que la viande ! »), ou à propos de choses plus importantes telles que les choix d’activité (« On va ce soir à l’office du tourisme ?! ») ou les façons de travailler (« Ta conclusion est beaucoup trop hâtive et bien trop prématurée ! »). A deux, les conflits se règlent dans l’égalité, à « 1 contre 1 ». A trois, il y a systématiquement un déséquilibre, et une sorte de « 2 contre 1 » qui est très désagréable pour celui qui est 1. Lorsque je suis le 1, c’est très frustrant, j’ai comme l’impression d’être écrasé sous le nombre. La démocratie à ceci comme limite que lorsque la majorité se trompe, elle entraine dans l’erreur la minorité et sa raison. Je suis définitivement anti-démocratique et je sais pertinemment que j’ai raison, que je sois ou non au sein de la majorité.
L’adjoint responsable du SEV et le directeur du parc que nous avons visité semble être reconnaissants envers la France pour ce que le protectorat a fait jusqu’en 1954. Il n’y a pas l’air d’exister de souffrance réelle à ce sujet comme il peut y en avoir de la part des Algériens. Je comprends aisément cela en raison des deux façons différentes de s’affranchir du colonialisme. Ca s’est fait dans la paix au Maroc. En Algérie, ce fut un peu différent.
Comme je l’ai dis antérieurement, la vie est réellement plus complexe à 3 que ce qu’elle était à deux. Des tensions sont latentes, alors qu’il n’y a que 2 jours que nous sommes ensembles. Des tensions à propos de choses insignifiantes telles que la nourriture (« La vache qui rit revient plus cher que la viande ! »), ou à propos de choses plus importantes telles que les choix d’activité (« On va ce soir à l’office du tourisme ?! ») ou les façons de travailler (« Ta conclusion est beaucoup trop hâtive et bien trop prématurée ! »). A deux, les conflits se règlent dans l’égalité, à « 1 contre 1 ». A trois, il y a systématiquement un déséquilibre, et une sorte de « 2 contre 1 » qui est très désagréable pour celui qui est 1. Lorsque je suis le 1, c’est très frustrant, j’ai comme l’impression d’être écrasé sous le nombre. La démocratie à ceci comme limite que lorsque la majorité se trompe, elle entraine dans l’erreur la minorité et sa raison. Je suis définitivement anti-démocratique et je sais pertinemment que j’ai raison, que je sois ou non au sein de la majorité.
Dimanche 28 juin :
Sa majesté Mohamed VI a son lac, un lac artificiel qui a mon avis sert à irriguer les cultures de maïs de sa majesté Mohamed VI. Si j’étais marocain, je voterais communiste aux prochaines élections monarchiques !
Et puis il y a eu cette rivière que nous avions vu de loin, au milieu des montagnes. Nous avons marché un bon moment, dans l’espoir de l’atteindre, et d’y trouver une certaine fraicheur. Nous y avons trouvé des rives brulées par le sel, une eau tiède et opaque, des accumulations de sel (j’ai gouté) cristallisé, et surtout, des détritus partout. C’était dégoutant, très décevant.
A propos du roi, j’ai failli créer un incident diplomatique majeur entre la France et le Maroc. En discutant avec le frère du proprio de l’appart, à son café, il nous disait que beaucoup de marocains souhaitaient passer à système démocratique à la place de cette monarchie. Il nous a dis que de ce point de vu, ils enviaient la France. J’ai alors dit un peu en plaisantant, un peu maladroitement, que « en France, ca fait un bout de temps que nous avons décapité les rois ! ». Alors j’ai de la chance que cet homme soit très ouvert, qu’il ait vécut longtemps en Europe… parce que j’ai vraiment l’impression que ce n’est pas le genre de pays ou il doit falloir trop plaisanter à propos du pouvoir. Si les prisons marocaines sont ce que j’en imagine, je préfère ne pas les visiter. Le touriste que je suis se passera sans peine de cette découverte.
Samedi 27 juin :
La vie à trois semble se présentée comme plus complexe que celle à deux. Les divergences d’opinions et de projets sont multipliées par deux, tandis que les solutions de compromis sont divisés par deux. On peut donc dire que les possibilités de conflits sont multipliées par 4. C’est énorme, et ca me fait peur.
Nico a perdu sa valise dans le changement d’avion à l’aéroport de Casablanca. Je crois qu’il le vis pas trop mal, mais je sais que j’aurais horreur d’être à sa place. C’est un raisonnement purement égoïste de ma part, mais je préfère 100 fois que ca lui soit arrivé à lui plutôt que ca me fut arrivé à moi. C’est égoïste, j’ai honte de penser ca, mais je le pense, alors je l’écrit par honnêteté envers moi-même.
Pourquoi avons-nous payé 200 Dh un taxi ce matin, alors que cet après midi, en négociant 7 secondes et demi, j’ai ramené le prix à 40 Dh ? Nous nous sommes fait arnaquer ! Puis-je mettre ca sur le compte d’une œuvre charitable au profit des pauvres chauffeurs de taxi marocains ? Enfin, la prochaine fois, je tente 20 Dh.
Les sentiments que je ressens les plus fortement en moi depuis hier ne sont pas franchement positifs : de la crainte, de l’égoïsme, de l’inquiétude. Il y a pourtant des tas de moments positifs, des moments beaux, des moments agréables, des moments d’échange, des moments de plaisir, des moments de joie, des moments de rigolade… Alors même si ce que j’écris n’est pas représentatif, de ce que je vis réellement, je suis content d’être ici, à Fès, aujourd’hui.
Moment positifs : Le désintéressement de certaines personnes qui nous ont aidées, très aimablement, sans aucun intérêt. C’est extrêmement agréable.
Moment beau : Beauté de l’admiration que ma voisine d’avion avait pour ce pays qu’elle idéalisait, beauté de la manière dont elle le décrivait, simplement, mais avec émotion et une grande joie d’en faire profiter le parfait inconnu que j’étais pour elle.
Moment agréable : Un bon jus d’orange pressée, à l’ombre d’une terrasse de café, en sachant que le temps n’existe que pour que l’on en profite.
Moment d’échange : Echange de ressentis sur la journée, sur les lieux, les gens, les événements, avec Nicolas et Hélène, le soir, lorsque la soirée semble devoir être infinie.
Moment de plaisir : Manger de la bonne cuisine, en discutant, dans la bonne humeur, et en savourant le fait que ce plat soit le premier, qu’il nous reste tant de temps à passer, tant de lieux et de personnes à découvrir, que nous avons le sentiment que ce sera une éternité. Plaisir de se sentir très très loin de la fin de cette éternité.
Moment de joie : Joie de savoir que loin, très loin, un chanteur ultra-connu est décédé et … qu’on s’en fout royalement. Nous sommes loin, très loin de ce monde qui nous parait d’une autre galaxie. Ce monde dans lequel des stars, des médias, des politiques, des autorités… nous détournent de ce qui importe réellement. Les vrais voyages sont intérieurs.
Moment de rigolade : « Il est bête ce chat ! »
Malgré tout, je crois que j’aime le peuple marocain, j’aime sa beauté, sa pureté. J’admire particulièrement les femmes marocaines, qui, au contraire des européennes, son tellement digne. Elles sont dignes dans leurs façons de se comporter envers nous, les touristes, elles sont dignes dans leurs manières de parler, elles sont dignes dans leur façon de se vêtir. Elles font preuve d’un immense respect, à coté duquel je me sens presque honteux. A coté d’elles, les femmes françaises me paraissent viles, irrespectueuses, provocantes, et sans-gêne. Les femmes françaises sont bien sur admirables également, mais pas souvent pour les mêmes raisons. Je n’arrive pas encore à décrire précisément quel est ce sentiment que les marocaines m’inspirent, mais il y a néanmoins ce sentiment de grande admiration et de respect envers elles. J’aspire à connaitre plus la population marocaine.
Nico a perdu sa valise dans le changement d’avion à l’aéroport de Casablanca. Je crois qu’il le vis pas trop mal, mais je sais que j’aurais horreur d’être à sa place. C’est un raisonnement purement égoïste de ma part, mais je préfère 100 fois que ca lui soit arrivé à lui plutôt que ca me fut arrivé à moi. C’est égoïste, j’ai honte de penser ca, mais je le pense, alors je l’écrit par honnêteté envers moi-même.
Pourquoi avons-nous payé 200 Dh un taxi ce matin, alors que cet après midi, en négociant 7 secondes et demi, j’ai ramené le prix à 40 Dh ? Nous nous sommes fait arnaquer ! Puis-je mettre ca sur le compte d’une œuvre charitable au profit des pauvres chauffeurs de taxi marocains ? Enfin, la prochaine fois, je tente 20 Dh.
Les sentiments que je ressens les plus fortement en moi depuis hier ne sont pas franchement positifs : de la crainte, de l’égoïsme, de l’inquiétude. Il y a pourtant des tas de moments positifs, des moments beaux, des moments agréables, des moments d’échange, des moments de plaisir, des moments de joie, des moments de rigolade… Alors même si ce que j’écris n’est pas représentatif, de ce que je vis réellement, je suis content d’être ici, à Fès, aujourd’hui.
Moment positifs : Le désintéressement de certaines personnes qui nous ont aidées, très aimablement, sans aucun intérêt. C’est extrêmement agréable.
Moment beau : Beauté de l’admiration que ma voisine d’avion avait pour ce pays qu’elle idéalisait, beauté de la manière dont elle le décrivait, simplement, mais avec émotion et une grande joie d’en faire profiter le parfait inconnu que j’étais pour elle.
Moment agréable : Un bon jus d’orange pressée, à l’ombre d’une terrasse de café, en sachant que le temps n’existe que pour que l’on en profite.
Moment d’échange : Echange de ressentis sur la journée, sur les lieux, les gens, les événements, avec Nicolas et Hélène, le soir, lorsque la soirée semble devoir être infinie.
Moment de plaisir : Manger de la bonne cuisine, en discutant, dans la bonne humeur, et en savourant le fait que ce plat soit le premier, qu’il nous reste tant de temps à passer, tant de lieux et de personnes à découvrir, que nous avons le sentiment que ce sera une éternité. Plaisir de se sentir très très loin de la fin de cette éternité.
Moment de joie : Joie de savoir que loin, très loin, un chanteur ultra-connu est décédé et … qu’on s’en fout royalement. Nous sommes loin, très loin de ce monde qui nous parait d’une autre galaxie. Ce monde dans lequel des stars, des médias, des politiques, des autorités… nous détournent de ce qui importe réellement. Les vrais voyages sont intérieurs.
Moment de rigolade : « Il est bête ce chat ! »
Malgré tout, je crois que j’aime le peuple marocain, j’aime sa beauté, sa pureté. J’admire particulièrement les femmes marocaines, qui, au contraire des européennes, son tellement digne. Elles sont dignes dans leurs façons de se comporter envers nous, les touristes, elles sont dignes dans leurs manières de parler, elles sont dignes dans leur façon de se vêtir. Elles font preuve d’un immense respect, à coté duquel je me sens presque honteux. A coté d’elles, les femmes françaises me paraissent viles, irrespectueuses, provocantes, et sans-gêne. Les femmes françaises sont bien sur admirables également, mais pas souvent pour les mêmes raisons. Je n’arrive pas encore à décrire précisément quel est ce sentiment que les marocaines m’inspirent, mais il y a néanmoins ce sentiment de grande admiration et de respect envers elles. J’aspire à connaitre plus la population marocaine.
Vendredi 26 Juin :
Arrivée hier, en « terra incognita », à minuit environ. Enfin, je dis minuit, mais je n’en sais trop rien, je n’ai pas encore trop bien saisie cet histoire de semi-changement horaire qu’il y a avec l’horaire français. Nous visitons le logement qui va être le notre durant les huit prochaines semaines.
Pourquoi ais-je eu cette impression tenace durant cette première journée, d’être en quelque sorte en milieu hostile ? Pourquoi ne suis-je à l’aise réellement que dans notre logement, dans notre espèce de bulle d’européanisme importée dans nos bagages ? Pourquoi ais-je malgré moi cette peur ? Cette hostilité, l’ais-je apportée avec moi ou bien était-elle à m’attendre ici ? Je veux dire, est-ce moi qui ressens cette hostilité, ou est-elle bien réelle ? Je ne suis pourtant pas venu ici avec un apriori négatif envers la population marocaine. Est-ce cela, le racisme ressenti par les personnes d’origine étrangère en France ? La différence est là, entre eux et moi, bien réelle. On dit que la différence est source de craintes, est-ce là la source de mes craintes ? En France, je ne vis pas cette crainte envers les personnes d’origine étrangère, car je suis dans un univers dans lequel j’ai mes repères, mes points d’accroche. La différence est finalement minoritaire. Ici, je suis plongé de la tête aux pieds dans la différence, et c’est surement cela qui fait peur.
J’aimerais pouvoir dire que je me sens parfaitement à l’aise, que les relations avec les autochtones sont faciles. Me donner l’apparence du type à l’aise en n’importe quelle lieu et compagnie. Mais ce n’est pas le cas. Je veux être honnête avec moi-même, et regarder la vérité en face : nous sommes très différents, je ressens une hostilité (réelle ou non, je ne peux pas me prononcer), et cette hostilité est pour moi source de malaise. J’ai presque honte de le dire, mais je crois que c’est la vérité. Est-ce un tort de ma part ? Suis-je coupable de me sentir mal-à-l’aise ? Peut-être, mais c’est ainsi. Je souhaite passer au-delà de ce malaise, et je crois que j’y parviendrais avec le temps.
On nous avait dit que les gens d’ici étaient accueillants et hospitaliers. Pourquoi les seuls personnes qui nous ont manifesté une forme d’accueil chaleureux (il y à même eu un homme qui m’a embrassé le front parce que j’avais dis quelque-chose qui lui avait plut) sont uniquement celles à qui nous avions payé quelque-chose, ou celle qui espéraient que nous leurs payions quelque-chose ? Pourquoi cet homme qui nous a accueilli à bras ouverts dans la rue, qui nous a fait visiter sont magasin d’art, qui nous a offert le thé, qui nous a complimenté (qui est même allé jusqu’à m’embrasser sur le front parce que je lui avais dit une chose qui lui avait plut !), a-t-il prit cet air aussi fermé contrarié et hostile lorsque nous lui avons dit que nous ne lui achèterions rien aujourd’hui ? Du statut d’amis intime, je suis repassé à celui de méprisable mauvais client (que je suis d’ailleurs sans aucun doute). Pourtant, à chaque instant, j’ai fais mon possible pour ne pas faire espérer un quelconque achat, qui m’aurait exposé à le décevoir. Seules deux personnes ont été agréables sans être réellement intéressée par le contenu de mon portefeuille : Une jeune fille à coté de nous dans l’avion hier soir, française, mais aimant le Maroc, son pays d’origine (qu’elle ne connait pas), et la guichetière de la banque ce matin. Je remercie ces deux personnes là. C’est un merci qui fait chaud au cœur.
Une crainte existe également en moi. Une crainte qui n’est plus orientée envers les marocains, mais envers moi-même. La peur de contrarier ou de blesser chaque personne que nous rencontrons, peur de paraitre ce à quoi je ne veux surtout pas ressembler, tout en étant certain que c’est déjà comme tel que l’on me regarde dans la rue. Je n’aime pas être touriste. Je n’aime pas prendre en photo ce qui fait le quotidien des habitants de cette ville. Je n’aime pas regarder leurs apparences, leurs façons de faire, leurs habitudes, leurs accoutrements… Je n’aime pas et si je pouvais éviter de le faire, j’aimerais ne pas le faire. En ce qui me concerne, je n’apprécierais pas que des touristes me regarde lorsque je suis chez moi comme je ne peux m’empêcher (et je m’en veux) de regarder les marocains ici. C’est comme si je volais une partie d’eux-mêmes, de leur essence intime. Je ressens cela comme un viol. Ils me sont inconnus et je contemple leur intimité sans discrétion, sans pudeur.
Le plus triste, à mes yeux, c’est qu’ils semblent à la fois provoquer, jouer et vivre de ce viol de leur vie par les européens. Dans une ville si touristique, ce viol leur est imposé au quotidien, ils s’y sont habitué, et ce viol leur permet de gagner leur blé ! Il y a quelque-chose que je perçois de presque immoral de la part des touristes à être à l’origine de cette situation, et de la part des autochtones, à accepter cette situation. Je préférerais 100 fois qu’ils me crachent à la figure plutôt que de m’embrasser pour me faire acheter.
Non, je n’achèterais pas cette resplendissante poterie. Pourquoi l’acheter ? Il y aurait des tas de raisons. Pourquoi ne pas l’acheter ? Parce que finalement, une fois sortie de son magasin, sortie de sa ville, sortie des mains de son propriétaire, cette poterie n’aura plus aucune valeur que celle de l’objet-souvenir, à mes yeux. N’est-elle pas beaucoup plus admirable au milieu de toutes ces autres poteries, dans ce magnifique environnement ? Et quelle sera sa splendeur une fois que je l’aurais amené dans mon logement terne et fade à Paris ? Elle ne sera plus qu’une relique, un souvenir déchu de la beauté d’un instant, d’un lieu. Cette poterie n’est pas ce que j’admire ici. Ce que j’admire, c’est la personnalité du potier, c’est l’harmonie auquel elle contribue sur l’étalage, c’est le fait qu’elle soit à sa place, à cet instant précis. L’étalage est si beau que je ne me permettrais pas d’en retirer quoi que ce soit, d’autant moins pour m’approprier une quelconque part de cette beauté. Vouloir se l’approprier, même partiellement, serait détruire ce qui fait qu’elle existe. Alors non, je n’achèterais pas cette resplendissante poterie. N’insistez pas monsieur, je suis un mauvais client, un mauvais touriste.
Pourquoi ais-je eu cette impression tenace durant cette première journée, d’être en quelque sorte en milieu hostile ? Pourquoi ne suis-je à l’aise réellement que dans notre logement, dans notre espèce de bulle d’européanisme importée dans nos bagages ? Pourquoi ais-je malgré moi cette peur ? Cette hostilité, l’ais-je apportée avec moi ou bien était-elle à m’attendre ici ? Je veux dire, est-ce moi qui ressens cette hostilité, ou est-elle bien réelle ? Je ne suis pourtant pas venu ici avec un apriori négatif envers la population marocaine. Est-ce cela, le racisme ressenti par les personnes d’origine étrangère en France ? La différence est là, entre eux et moi, bien réelle. On dit que la différence est source de craintes, est-ce là la source de mes craintes ? En France, je ne vis pas cette crainte envers les personnes d’origine étrangère, car je suis dans un univers dans lequel j’ai mes repères, mes points d’accroche. La différence est finalement minoritaire. Ici, je suis plongé de la tête aux pieds dans la différence, et c’est surement cela qui fait peur.
J’aimerais pouvoir dire que je me sens parfaitement à l’aise, que les relations avec les autochtones sont faciles. Me donner l’apparence du type à l’aise en n’importe quelle lieu et compagnie. Mais ce n’est pas le cas. Je veux être honnête avec moi-même, et regarder la vérité en face : nous sommes très différents, je ressens une hostilité (réelle ou non, je ne peux pas me prononcer), et cette hostilité est pour moi source de malaise. J’ai presque honte de le dire, mais je crois que c’est la vérité. Est-ce un tort de ma part ? Suis-je coupable de me sentir mal-à-l’aise ? Peut-être, mais c’est ainsi. Je souhaite passer au-delà de ce malaise, et je crois que j’y parviendrais avec le temps.
On nous avait dit que les gens d’ici étaient accueillants et hospitaliers. Pourquoi les seuls personnes qui nous ont manifesté une forme d’accueil chaleureux (il y à même eu un homme qui m’a embrassé le front parce que j’avais dis quelque-chose qui lui avait plut) sont uniquement celles à qui nous avions payé quelque-chose, ou celle qui espéraient que nous leurs payions quelque-chose ? Pourquoi cet homme qui nous a accueilli à bras ouverts dans la rue, qui nous a fait visiter sont magasin d’art, qui nous a offert le thé, qui nous a complimenté (qui est même allé jusqu’à m’embrasser sur le front parce que je lui avais dit une chose qui lui avait plut !), a-t-il prit cet air aussi fermé contrarié et hostile lorsque nous lui avons dit que nous ne lui achèterions rien aujourd’hui ? Du statut d’amis intime, je suis repassé à celui de méprisable mauvais client (que je suis d’ailleurs sans aucun doute). Pourtant, à chaque instant, j’ai fais mon possible pour ne pas faire espérer un quelconque achat, qui m’aurait exposé à le décevoir. Seules deux personnes ont été agréables sans être réellement intéressée par le contenu de mon portefeuille : Une jeune fille à coté de nous dans l’avion hier soir, française, mais aimant le Maroc, son pays d’origine (qu’elle ne connait pas), et la guichetière de la banque ce matin. Je remercie ces deux personnes là. C’est un merci qui fait chaud au cœur.
Une crainte existe également en moi. Une crainte qui n’est plus orientée envers les marocains, mais envers moi-même. La peur de contrarier ou de blesser chaque personne que nous rencontrons, peur de paraitre ce à quoi je ne veux surtout pas ressembler, tout en étant certain que c’est déjà comme tel que l’on me regarde dans la rue. Je n’aime pas être touriste. Je n’aime pas prendre en photo ce qui fait le quotidien des habitants de cette ville. Je n’aime pas regarder leurs apparences, leurs façons de faire, leurs habitudes, leurs accoutrements… Je n’aime pas et si je pouvais éviter de le faire, j’aimerais ne pas le faire. En ce qui me concerne, je n’apprécierais pas que des touristes me regarde lorsque je suis chez moi comme je ne peux m’empêcher (et je m’en veux) de regarder les marocains ici. C’est comme si je volais une partie d’eux-mêmes, de leur essence intime. Je ressens cela comme un viol. Ils me sont inconnus et je contemple leur intimité sans discrétion, sans pudeur.
Le plus triste, à mes yeux, c’est qu’ils semblent à la fois provoquer, jouer et vivre de ce viol de leur vie par les européens. Dans une ville si touristique, ce viol leur est imposé au quotidien, ils s’y sont habitué, et ce viol leur permet de gagner leur blé ! Il y a quelque-chose que je perçois de presque immoral de la part des touristes à être à l’origine de cette situation, et de la part des autochtones, à accepter cette situation. Je préférerais 100 fois qu’ils me crachent à la figure plutôt que de m’embrasser pour me faire acheter.
Non, je n’achèterais pas cette resplendissante poterie. Pourquoi l’acheter ? Il y aurait des tas de raisons. Pourquoi ne pas l’acheter ? Parce que finalement, une fois sortie de son magasin, sortie de sa ville, sortie des mains de son propriétaire, cette poterie n’aura plus aucune valeur que celle de l’objet-souvenir, à mes yeux. N’est-elle pas beaucoup plus admirable au milieu de toutes ces autres poteries, dans ce magnifique environnement ? Et quelle sera sa splendeur une fois que je l’aurais amené dans mon logement terne et fade à Paris ? Elle ne sera plus qu’une relique, un souvenir déchu de la beauté d’un instant, d’un lieu. Cette poterie n’est pas ce que j’admire ici. Ce que j’admire, c’est la personnalité du potier, c’est l’harmonie auquel elle contribue sur l’étalage, c’est le fait qu’elle soit à sa place, à cet instant précis. L’étalage est si beau que je ne me permettrais pas d’en retirer quoi que ce soit, d’autant moins pour m’approprier une quelconque part de cette beauté. Vouloir se l’approprier, même partiellement, serait détruire ce qui fait qu’elle existe. Alors non, je n’achèterais pas cette resplendissante poterie. N’insistez pas monsieur, je suis un mauvais client, un mauvais touriste.
jeudi 25 juin 2009
Destination Maroc
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Ca y est, je pars ce soir pour la ville de Fèz au Maroc. Ca va être l'occasion de confronter mes apprioris à la réalité. J'ai hate d'y etre sans pour autant manifester un enthousiasme débordant. Je suis content d'y aller, et je crois que je serais content de revenir ici lorsque le moment sera venu.
"Les plus beaux voyages se font à l'interieur de soi. Les distances n'ont pas vraiment d'importance en ce sens." (Daniel Desbiens)
mercredi 24 juin 2009
Hors des villes
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"J'ai de la nostalgie d'une de ces vieilles routes sinueuses et inhabitées qui mènent hors des villes, [...] une route qui conduise aux conffins de la terre [...] où l'esprit est libre" (Henry David Thoreau, "De la marche")
Partir des villes, quitter la civilisation, s'affranchir des pressions et des influence que la masse des gens vous charge sur le dos, tourner le dos aux règles, aux bienséantes banalités, ne plus rester enfermé dans un système qui emprisonne, formate et neutralise la pensée de chacun... Quitter les gens, les voisins, les collègues, les connaissances, les autorités, ... aller droit devant soi, hors des villes.
A propos du port du voile islamique
A nouveau, l'actualité remet la question du port du voile pour les femmes musulmanes sur le tapis. Il s’agirait à présent de durcir cette loi en la faisant s’appliquer non seulement aux administrations publiques, mais aussi dans les lieux publics tels que les rues, les parcs… en ce qui concerne la burka (voile intégral). Je ne souhaite pas partager mon avis sur le fait de savoir si cette décision est bonne ou mauvaise, mais quelque chose me choque profondément dans le raisonnement qui est tenu par tous les défenseurs de ce projet de loi.
Je m’explique : l’argument principal de ce projet repose sur le principe de laïcité. La laïcité est la caractéristique de ce qui n’est ni religieux, ni ecclésiastique. Il convient de se rappeler que lorsque le principe de laïcité fondamental a été instauré en 1789, le but était de garantir la neutralité de l’état, la liberté et l’égalité de culte, de conscience et de croyance. La seule restriction était la limite imposée par la défense de l’ordre public. Il s’agissait avant tout de défendre la liberté et l’égalité !!! Que s’est il passé entre 1789 et aujourd’hui pour que la laïcité soit devenue une raison fondamentale et incontestable pour justifier des restrictions de liberté comme c’est le cas aujourd’hui ??? Car si on vulgarise un peu la situation, on peut affirmer qu’au travers cette histoire du voile musulman, on empêche au nom de l’égalité et de la liberté (laïcité) un mode vestimentaire, certes à caractère religieux, mais somme toute bien inoffensif en soi. Je trouve cela absolument scandaleux. Le mot « laïcité » aurait il perdu son sens ? Ou alors tout le monde se gargarise d’une laïcité théorique sans se soucier de la réalité des faits ?
Je me demande aujourd’hui pourquoi personne ne s’indigne. La population française est pourtant assez prompte à se révolter à la moindre incartade faite à ses droits, et c’est heureux. J’aperçois deux pistes de réponses à cette interrogation.
Le premier élément de réponse est que cette restriction des droits ne touche qu’une minorité de la population, alors « tant pis pour eux » ! Les islamistes sont environ 10% de la population française et ne sont pas tous concernés par ces lois sur le port du voile. Donc, « chacun pour soi, s’il faut râler, ils n’ont qu’à le faire car je ne suis pas concerné ». Je crois pour ma part que je vois d’ici les titres que feraient les médias (déjà pas tendres avec l’Islam) dans le cas d’une manifestation généralisée du monde musulman français pour protester contre une telle loi. Ca me fait beaucoup trop penser au livre « Matin brun » de Franck Pavloff cette situation.
La deuxième raison est pour moi la plus importante. Je crois qu’une grande partie de la population est persuadée du progrès que représente chaque recul d’une quelconque forme de croyance spirituelle. Dans cette France de plus en plus hostile à l’idée de « Dieu », à l’idée même de l’existence de l’invisible et du surnaturel, plus on pourra dissuader les gens de croire, et plus on le fera. Alors ce ne sera pas du jour au lendemain, de même que pour le voile, on y va petit à petit, doucement mais surement, étapes après étapes. Bientôt, les regroupements publics à but cultuel seront prohibés, puis il sera interdit de parler de sa foi dans les lieux publics, puis… Et le pire est qu’une grande partie de la population sera convaincue que ces mesures seront « signe d’un grand progrès, vers la liberté intellectuelle, le réalisme et le plein usage de la raison humaine… » ! Vu vers où il va, l’avenir me fait peur. On sera passé d’un laïcisme réel à un laïcisme illusoire imposant l’athéisme comme seul et unique religion.
Si j’étais musulman, jamais je ne prendrais la parole pour défendre une telle cause, de peur qu’on me reproche de « prêcher pour ma paroisse », et d’être un fondamentaliste tyran, bourreau de femmes et terroriste. De même qu’étant homme, je ne peux pas crédiblement lutter contre le féminisme de peur de me faire classer dans la catégorie des machos néandertaliens conservateur et sexiste (ce n’est qu’un exemple). Mais je ne suis absolument pas musulman, alors j’en profite pour dire ce que je pense, en pensant que d’autres, plus concernés que moi, ne le peuvent pas avec la même liberté.
Alors on me répondra que la laïcité permet toute croyance, mais que les pratiques liées à ces croyances doivent être modérer. D’accord sur le principe, mais jusqu’à ou ? Dans ce pays qui prône la tolérance et l’ouverture, on tolère sans peine les immoralités de toute sorte, on tolère les idées politiques les plus extravagantes, on tolère les pires irresponsabilités, et on ne peut pas tolérer qu’une personne se vêtît d’une burka ? On tolère les tenues les moins décentes à tous les coins de rue (sans parler des affiches publicitaires), mais une personne qui voudrait mettre une burka ne le pourrait pas ? On tolère les T-shirts imprimés à l’effigie de Satan ou de la mort, mais on ne tolère pas un vêtement représentant (pour celles qui le portent et aux yeux de leur culture) le respect et l’obéissance envers Dieu ? Personnellement, je suis plus agressé lorsque je vois une femme avec un décolleté jusqu’au nombril et une minijupe qui remonte jusqu’à l’omoplate ou presque (et encore, ca c’est lorsqu’elles sont habillées !) que par les vêtements pudiques des femmes musulmanes. (Oups ! Qu’ais-je dis, je crois que j’ai choqué les féministes extrémistes prônant la libération et l’émancipation de la femme, qui soit dit en passant est bien supérieure à l’homme, ce minable bouffon). S’il fallait nécessairement interdire quelque-chose, mon choix serait rapidement fait. Visiblement, il n’y a plus grand monde qui pense comme moi. C’est dommage pour les libertés de la minorité qui préfère voir des burkas plutôt que des chaires exhibées.
« C’est dangereux, elles peuvent cacher tout ce qu’elles veulent en dessous ! ». D’accord. Alors dans ce cas, interdisons TOUS les vêtements trop amples, et tout bagage, sac… pouvant potentiellement contenir une kalachnikov ou un kilo de plastique explosif. Si c’est la sécurité qui est en jeux, alors je m’incline, mais soyons cohérent jusqu’au bout. Qu’il soit imposé à tout le monde de se balader nu, les mains en l’air, … et la bouche grande ouverte pour être sur. Et puis d’ailleurs, interdisons l’accès des lieux publics aux humains, ils sont si dangereux. Est-ce parce que certains fanatiques, se prétendants représentatifs du peuple islamique, sont des criminels qu’il faut impérativement se méfier de tous et commencer à réduire leurs libertés avant de les en priver totalement ? Dans ce cas, organisons un génocide de la « race musulmane », pour le bien de l’humanité ! Soyons cohérent et allons au bout de nos raisonnements s’il vous plait !
« Elles portent la burka sous la contrainte, et sont très très malheureuses là-dessous, il est de notre devoir à nous, occidentaux civilisés et intelligents de les en délivrer et de leur apporter le bonheur ! ». Ah bon ?!? Cela veut donc dire que le bonheur s’impose aux gens, même contre leur gré ? C’est intéressant ! Il est beau le monde en fait ! Et puis les politiciens sont gentils d’avoir enfin pensé à rendre heureuses les femmes musulmanes brimées et emprisonnées.
On pourrait en dire encore beaucoup sur le sujet, mais en voilà assez. C’est tout de même étonnant, j’ai réellement l’impression d’être le seul à penser comme çà. Lorsque j’en parle autour de moi, mon discours est jugé limite choquant, mais pourtant, je trouve tellement incohérent les décisions qui sont prises par rapport aux raisons qui sont invoquées !!! Encore une fois, je répète que je ne débat pas de savoir si ce projet de loi est positif ou non. J’affirme uniquement que le raisonnement ne tient pas debout. Ni l’argument de la laïcité, ni celui de la sécurité publique ne sont convaincants. Alors il est possible que ce projet de loi soit bon à adopter, et je serais le premier à le soutenir si c’est réellement le cas, mais trouvez moi l’argument et le raisonnement abouti qui le justifie.
En attendant, je revendique mon droit à porter la burka dans les lieux publics si je le souhaite.
Je m’explique : l’argument principal de ce projet repose sur le principe de laïcité. La laïcité est la caractéristique de ce qui n’est ni religieux, ni ecclésiastique. Il convient de se rappeler que lorsque le principe de laïcité fondamental a été instauré en 1789, le but était de garantir la neutralité de l’état, la liberté et l’égalité de culte, de conscience et de croyance. La seule restriction était la limite imposée par la défense de l’ordre public. Il s’agissait avant tout de défendre la liberté et l’égalité !!! Que s’est il passé entre 1789 et aujourd’hui pour que la laïcité soit devenue une raison fondamentale et incontestable pour justifier des restrictions de liberté comme c’est le cas aujourd’hui ??? Car si on vulgarise un peu la situation, on peut affirmer qu’au travers cette histoire du voile musulman, on empêche au nom de l’égalité et de la liberté (laïcité) un mode vestimentaire, certes à caractère religieux, mais somme toute bien inoffensif en soi. Je trouve cela absolument scandaleux. Le mot « laïcité » aurait il perdu son sens ? Ou alors tout le monde se gargarise d’une laïcité théorique sans se soucier de la réalité des faits ?
Je me demande aujourd’hui pourquoi personne ne s’indigne. La population française est pourtant assez prompte à se révolter à la moindre incartade faite à ses droits, et c’est heureux. J’aperçois deux pistes de réponses à cette interrogation.
Le premier élément de réponse est que cette restriction des droits ne touche qu’une minorité de la population, alors « tant pis pour eux » ! Les islamistes sont environ 10% de la population française et ne sont pas tous concernés par ces lois sur le port du voile. Donc, « chacun pour soi, s’il faut râler, ils n’ont qu’à le faire car je ne suis pas concerné ». Je crois pour ma part que je vois d’ici les titres que feraient les médias (déjà pas tendres avec l’Islam) dans le cas d’une manifestation généralisée du monde musulman français pour protester contre une telle loi. Ca me fait beaucoup trop penser au livre « Matin brun » de Franck Pavloff cette situation.
La deuxième raison est pour moi la plus importante. Je crois qu’une grande partie de la population est persuadée du progrès que représente chaque recul d’une quelconque forme de croyance spirituelle. Dans cette France de plus en plus hostile à l’idée de « Dieu », à l’idée même de l’existence de l’invisible et du surnaturel, plus on pourra dissuader les gens de croire, et plus on le fera. Alors ce ne sera pas du jour au lendemain, de même que pour le voile, on y va petit à petit, doucement mais surement, étapes après étapes. Bientôt, les regroupements publics à but cultuel seront prohibés, puis il sera interdit de parler de sa foi dans les lieux publics, puis… Et le pire est qu’une grande partie de la population sera convaincue que ces mesures seront « signe d’un grand progrès, vers la liberté intellectuelle, le réalisme et le plein usage de la raison humaine… » ! Vu vers où il va, l’avenir me fait peur. On sera passé d’un laïcisme réel à un laïcisme illusoire imposant l’athéisme comme seul et unique religion.
Si j’étais musulman, jamais je ne prendrais la parole pour défendre une telle cause, de peur qu’on me reproche de « prêcher pour ma paroisse », et d’être un fondamentaliste tyran, bourreau de femmes et terroriste. De même qu’étant homme, je ne peux pas crédiblement lutter contre le féminisme de peur de me faire classer dans la catégorie des machos néandertaliens conservateur et sexiste (ce n’est qu’un exemple). Mais je ne suis absolument pas musulman, alors j’en profite pour dire ce que je pense, en pensant que d’autres, plus concernés que moi, ne le peuvent pas avec la même liberté.
Alors on me répondra que la laïcité permet toute croyance, mais que les pratiques liées à ces croyances doivent être modérer. D’accord sur le principe, mais jusqu’à ou ? Dans ce pays qui prône la tolérance et l’ouverture, on tolère sans peine les immoralités de toute sorte, on tolère les idées politiques les plus extravagantes, on tolère les pires irresponsabilités, et on ne peut pas tolérer qu’une personne se vêtît d’une burka ? On tolère les tenues les moins décentes à tous les coins de rue (sans parler des affiches publicitaires), mais une personne qui voudrait mettre une burka ne le pourrait pas ? On tolère les T-shirts imprimés à l’effigie de Satan ou de la mort, mais on ne tolère pas un vêtement représentant (pour celles qui le portent et aux yeux de leur culture) le respect et l’obéissance envers Dieu ? Personnellement, je suis plus agressé lorsque je vois une femme avec un décolleté jusqu’au nombril et une minijupe qui remonte jusqu’à l’omoplate ou presque (et encore, ca c’est lorsqu’elles sont habillées !) que par les vêtements pudiques des femmes musulmanes. (Oups ! Qu’ais-je dis, je crois que j’ai choqué les féministes extrémistes prônant la libération et l’émancipation de la femme, qui soit dit en passant est bien supérieure à l’homme, ce minable bouffon). S’il fallait nécessairement interdire quelque-chose, mon choix serait rapidement fait. Visiblement, il n’y a plus grand monde qui pense comme moi. C’est dommage pour les libertés de la minorité qui préfère voir des burkas plutôt que des chaires exhibées.
« C’est dangereux, elles peuvent cacher tout ce qu’elles veulent en dessous ! ». D’accord. Alors dans ce cas, interdisons TOUS les vêtements trop amples, et tout bagage, sac… pouvant potentiellement contenir une kalachnikov ou un kilo de plastique explosif. Si c’est la sécurité qui est en jeux, alors je m’incline, mais soyons cohérent jusqu’au bout. Qu’il soit imposé à tout le monde de se balader nu, les mains en l’air, … et la bouche grande ouverte pour être sur. Et puis d’ailleurs, interdisons l’accès des lieux publics aux humains, ils sont si dangereux. Est-ce parce que certains fanatiques, se prétendants représentatifs du peuple islamique, sont des criminels qu’il faut impérativement se méfier de tous et commencer à réduire leurs libertés avant de les en priver totalement ? Dans ce cas, organisons un génocide de la « race musulmane », pour le bien de l’humanité ! Soyons cohérent et allons au bout de nos raisonnements s’il vous plait !
« Elles portent la burka sous la contrainte, et sont très très malheureuses là-dessous, il est de notre devoir à nous, occidentaux civilisés et intelligents de les en délivrer et de leur apporter le bonheur ! ». Ah bon ?!? Cela veut donc dire que le bonheur s’impose aux gens, même contre leur gré ? C’est intéressant ! Il est beau le monde en fait ! Et puis les politiciens sont gentils d’avoir enfin pensé à rendre heureuses les femmes musulmanes brimées et emprisonnées.
On pourrait en dire encore beaucoup sur le sujet, mais en voilà assez. C’est tout de même étonnant, j’ai réellement l’impression d’être le seul à penser comme çà. Lorsque j’en parle autour de moi, mon discours est jugé limite choquant, mais pourtant, je trouve tellement incohérent les décisions qui sont prises par rapport aux raisons qui sont invoquées !!! Encore une fois, je répète que je ne débat pas de savoir si ce projet de loi est positif ou non. J’affirme uniquement que le raisonnement ne tient pas debout. Ni l’argument de la laïcité, ni celui de la sécurité publique ne sont convaincants. Alors il est possible que ce projet de loi soit bon à adopter, et je serais le premier à le soutenir si c’est réellement le cas, mais trouvez moi l’argument et le raisonnement abouti qui le justifie.
En attendant, je revendique mon droit à porter la burka dans les lieux publics si je le souhaite.
lundi 22 juin 2009
A propos du bonheur
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Le bonheur est un choix de chaque jour, un état d’esprit à entretenir. Il ne dépend pas des conditions extérieures à l’individu, mais uniquement de l’intérieur. Le bonheur n’est pas dépendant de ce qui nous manque mais bien plus de la manière dont nous jouissons de ce que nous avons.
"Si vous voulez être heureux, soyez-le." (Léon Tolstoï)
"Si vous voulez être heureux, soyez-le." (Léon Tolstoï)
"Soyez toujours dans la joie." (la Bible, 1 Thessaloniciens 5-16)
Toujours...
vendredi 19 juin 2009
Le plus bel endroit du monde
« Ceci est le plus bel endroit sur terre. Beaucoup d'endroits sont les plus beaux sur terre. Chaque homme, chaque femme, porte dans son cœur et son esprit l'image de l'endroit idéal, de l'endroit qui lui convient exactement, le seul vrai chez-soi, connu ou inconnu, réel ou chimérique. » (Edward Abbey, « Désert solitaire »)Cet endroit est "mon plus beau de la terre" aujourd'hui. En fait, il existe une infinie quantité d'endroits qui sont potentiellement mes plus beaux endroits de la terre. Presque chaque endroit peut le devenir à n'importe quel instant, ce qui fait la beauté d'un endroit, c'est plutôt ce qui se passe à l'intérieur de soi, face à ce lieu, et pas le lieu lui-même. Cet endroit ci est lié à des souvenirs immémoriaux et agréables pour moi.
« La beauté est dans les yeux de celui qui regarde » (Oscar Wilde)
jeudi 18 juin 2009
Sinon, on pourrait aller ailleurs ?

C'est quand même dingue : il y avait un seul continent sur lequel je ne voulais pas trop aller pour faire mon stage, et c'est précisément sur celui-là que je vais me retrouver, au Maroc.
Alors je vais aller en Afrique, moi qui n'aime que les températures inférieures à 18°, moi qui aime les forets, les lacs, moi qui ne rêve que des pays situés au delà de la latitude 60° nord... Culturellement et géographiquement, je ne peux pas dire que l’Afrique m’intéresse. Mais bon, ça sera l’occasion de découvrir, et peut-être qu’à la fin de mon stage, j’aurais changé d’opinion…
Alors je vais aller en Afrique, moi qui n'aime que les températures inférieures à 18°, moi qui aime les forets, les lacs, moi qui ne rêve que des pays situés au delà de la latitude 60° nord... Culturellement et géographiquement, je ne peux pas dire que l’Afrique m’intéresse. Mais bon, ça sera l’occasion de découvrir, et peut-être qu’à la fin de mon stage, j’aurais changé d’opinion…
mercredi 17 juin 2009
Fleurs sauvages
"Pour ma part, je n'ai aucune préférence parmi les fleurs; il me suffit qu'elles soient sauvages, libres et spontanées." (Edward Abbey)
Je refuse d’admirer les sordides géraniums enfermés dans des jardinières, les tristes pensées, plantées en rangs miliaires, les rosiers sagement taillés et alignés au cordeau, et toutes ces fleurs serviles et amoindries que l’homme dénature. Mais j’admire les fleurs sauvages, au milieu des endroits ou on ne s’attend pas à les y voir, libres et naturelles.
Je refuse d’admirer les sordides géraniums enfermés dans des jardinières, les tristes pensées, plantées en rangs miliaires, les rosiers sagement taillés et alignés au cordeau, et toutes ces fleurs serviles et amoindries que l’homme dénature. Mais j’admire les fleurs sauvages, au milieu des endroits ou on ne s’attend pas à les y voir, libres et naturelles.
mardi 16 juin 2009
Etre

Mai 2009 : Je vais 8 jours dans les Pyrénées, du coté de l’Ariège. Grosse déception : de la neige à partir de 1300m d’altitude. Alors il y a peu de marche possible. Je marche moins, je prends plus le temps de profiter, je prends le temps de ne rien faire. Je prends le temps de m’arrêter, de me sentir respirer, penser, de sentir plus que nulle part ailleurs la vie qui coule en moi, une énergie intérieure infinie. Cette vie, on ne la sent pas, on n’y pense pas, lors du quotidien trop planifié. Ce quotidien pendant lequel les rencontres, les rendez-vous, les contraintes, les loisirs, la consommation, le travail, les transports, les médias, les préoccupations, les responsabilités, etc… nous empêchent de penser au seul fait d’être vivant. Il faut du temps pour ressentir la vie en soi. On sait que l’on vie, mais on ne le ressent pas forcément.
Allongé sur un rocher, au soleil, sous un vent frais et vif, après une longue ascension, sans savoir ni quel jour, ni quelle heure il est, sans attendre l’instant d’après, ni regretter celui d’avant, réaliser enfin à quel point il est agréable d’être en vie, et perdre la notion du temps qui passe. Enfin sentir cette vie en soi, non pas superficiellement, mais dans chaque recoin de la conscience, c’est un plaisir indescriptible et inimaginable, dont on peine à se rappeler une fois que l’on replonge dans le quotidien fade et mouvementé.
« La nature à chaque instant s'occupe de votre bien-être. Elle n'a pas d'autre fin. Ne lui résistez pas. » (Henry David Thoreau, « La désobéissance civile »)
Allongé sur un rocher, au soleil, sous un vent frais et vif, après une longue ascension, sans savoir ni quel jour, ni quelle heure il est, sans attendre l’instant d’après, ni regretter celui d’avant, réaliser enfin à quel point il est agréable d’être en vie, et perdre la notion du temps qui passe. Enfin sentir cette vie en soi, non pas superficiellement, mais dans chaque recoin de la conscience, c’est un plaisir indescriptible et inimaginable, dont on peine à se rappeler une fois que l’on replonge dans le quotidien fade et mouvementé.
« La nature à chaque instant s'occupe de votre bien-être. Elle n'a pas d'autre fin. Ne lui résistez pas. » (Henry David Thoreau, « La désobéissance civile »)
Randonnée...

Le mois de Juillet 2006 marqua la première fois que je suis allé faire de la randonnée, seul pendant 21 jours, dans les Pyrénées. Une expérience inoubliable et fantastique, dont l’odeur et l’image ne me quittera jamais.
Depuis, je sens en moi cette envie de voyager, de voir tous les endroits où mes pieds pourront me mener, de découvrir ce que je ne vois pas depuis ma fenêtre… Je ne suis pas attiré par les « grands voyages » stéréotypés, et usés par une fréquentation constante de pseudo-voyageurs consommateurs ; mais plutôt par la rencontre de lieux insoupçonnés, en dehors des sentiers battus, « au delà de l'extrémité des routes » comme le disais admirablement Edward Abbey (désert solitaire).
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"Je travaille avec la feuille, sous l'arbre duquel elle est tombée." (Andy Goldsworthy)